Le 21 avril, le gouvernement a réaffirmé qu'il n'était pas un "profiteur de guerre" en matière de fiscalité sur les carburants. En dépit de l'augmentation des prix, les recettes fiscales n'ont pas flambé comme prévu, illustrant une consommation qui s'est réduite de manière significative.
Entre mars et début avril, le surplus fiscal relatif aux recettes de TVA a enregistré un pic à 270 millions d'euros, mais ce chiffre est retombé à 170 millions d'euros au 10 avril, comparé à l'année précédente. Cela souligne une consommation qui, pour début avril, affichait un recul de 16% selon les informations du Comité professionnel du pétrole, consultées par l’Agence Radio France.
une consommation qui continue de chuter... au moment où les prix baissent
Une nouvelle enquête, publiée le 29 avril, indique que la consommation de gazole a constaté un déclin de 18,55% entre le 11 et le 20 avril, tandis que les supercarburants ont connu une diminution de 14,5%. Durant les vingt premiers jours d'avril, la baisse s'est maintenue avec des chiffres de -13,88% pour le gazole et -2,40% pour les essences.
Il est intéressant de noter qu'au cours de cette période, les prix à la pompe étaient en baisse. Par exemple, le prix du gazole a chuté de 2,31 euros à 2,16 euros le litre, et le SP95-E10 a baissé de 1,99 euro à 1,95 euro. Cela contraste fortement avec la dynamique de consommation de mars, où les carburants avaient enregistré une hausse de 8,28% alors que les prix montaient en flèche.
faible "élasticité" de la demande
Les automobilistes réagissent de manière variable à l’évolution des prix. Des études, notamment une menée par l'Insee, indiquent qu'une hausse de 1% du prix entraîne une baisse de la consommation entre 0,21% et 0,40%. Cela démontrerait que de nombreux déplacements sont considérés comme inévitables, en particulier ceux à vocation quotidienne, comme le travail ou les zones mal desservies.
En avril, cette "élasticité" de la demande a été notable, attribuable aux vacances scolaires qui ont débuté le 4 avril et s'étendent jusqu'au 4 mai pour certaines zones. Cela a permis aux automobilistes de réduire leurs déplacements contraints et d'opter pour des alternatives, explique une analyste au sein de l'agence de transport. Les experts s'interrogent sur la durabilité de ce changement de comportement au sein des ménages français dans la période à venir.







