Ce mercredi, les trois frères du cirque Zavatta se sont présentés devant le tribunal de Bourges, accusés d'avoir détenu des fauves dans des conditions non conformes aux réglementations en vigueur. Quatre lionnes et une tigresse avaient été retirées par les autorités il y a près de trois ans, alors que le cirque était stationné à Santranges, dans le Cher.
Lors de l'audience, le procureur a requis huit mois de prison avec sursis pour chacun des prévenus, ainsi qu'une confiscation définitive des animaux et une interdiction professionnelle de cinq ans. Les agents de l'Office français de la biodiversité, responsables du contrôle effectué le 6 juillet 2023, ont observé l'absence de cage de détente pour les fauves, un espace d'au moins 60 m² qui aurait été relativement simple à mettre en place, selon Me Lanty, représentante des associations One Voice et Free Life. Elle affirme : "Les lieux étaient largement disponibles pour permettre cette installation. Il y avait la même possibilité pour un zèbre, et cela aurait dû également s’appliquer aux fauves. Les installations nécessaires ne sont ni complexes ni coûteuses. Il faut aussi prévoir des éléments en hauteur et un bassin d'eau pour le tigre. Ces animaux vivaient dans des conditions abominables, entassés dans des camions de transport sans accès à une zone de détente."
Les constatations ont soulevé de graves inquiétudes sur le bien-être animal. La tigresse souffrait d'une dermatite sévère sur l'épaule et le cou, soignée par les vétérinaires du centre de Tonga, tandis que l'état dentaire des lionnes était déplorable, avec une perte significative de masse musculaire. La maltraitance animale est ici clairement manifeste.
Un des frères a expliqué que la maire de Santranges lui avait interdit l'installation d'une cage de détente, indiquant que le cirque avait pourtant stationné sans autorisation pendant trois semaines dans la commune. Deux vétérinaires du zoo de Beauval ont jugé les lionnes en bonne santé, mais le tigre montrait des signes de souffrance. Me Rorquain, avocat du cirque, a contesté la légitimité de la saisie des animaux : "S'il y a des préoccupations concernant le bien-être animal, il est normal de faire appel à un vétérinaire. Des contrôles sont effectués régulièrement et s'il y avait eu maltraitance, ces animaux auraient été saisis bien plus tôt. Les cirques sont soumis à une surveillance stricte lors de chaque déplacement."
Avec la décision du tribunal attendue le 17 juin, l’affaire soulève des questions sur la place des cirques dans la société moderne. Les animaux de cirque seront formellement interdits en décembre 2028, un tournant qui semble s’inscrire dans une volonté croissante de protéger le bien-être animal en France.







