Une infirmière de l’hôpital de Montreuil (Seine-Saint-Denis), mise en examen l'été dernier pour avoir tourné et diffusé sur TikTok des vidéos à caractère pédopornographique mettant en scène des nourrissons, a été radiée de l'Ordre des infirmiers. Cette décision a été révélée par l'AFP, qui a eu vent d’un jugement rendu par la chambre disciplinaire nationale.
Des vidéos choquantes dévoilées
Dans la décision datée de jeudi, la chambre disciplinaire a rejeté les arguments de l’infirmière, qui plaidait sa présomption d’innocence, arguant que son affaire n’avait pas encore été jugée pénalement. Elle n’a pas contesté les faits qui lui sont reprochés, notamment : « avoir commis sur un certain nombre de nourrissons des captations vidéo à connotation pornographique échangées ou diffusées sur TikTok », a constaté la chambre dans son jugement.
Cependant, elle a soutenu avoir agi sous l'emprise d'un tiers et a nié toute intention délictueuse. La chambre a néanmoins affirmé que les faits « sont particulièrement probants et circonstanciés ». Ils portent ainsi une atteinte grave aux obligations déontologiques de l’infirmière, emportant « un respect inouï à la dignité et à l’intimité des patients et de leurs familles ».
La radiation de l’Ordre des infirmiers interdit à l’infirmière d’exercer son métier. Toutefois, elle pourra, après un délai de trois ans, solliciter la chambre disciplinaire afin de faire réexaminer cette interdiction.
Une relation toxique à l'origine des actes
Début août 2025, l’infirmière de l’hôpital André Grégoire et son ancien compagnon ont été mis en examen et placés sous contrôle judiciaire pour des agressions sexuelles sur des mineurs de moins de 15 ans. L'enquête révèle que les infractions incluent l’enregistrement, la détention et la diffusion d'images à caractère pédopornographique.
Juliette S. a déclaré avoir agi à la demande de son ex-compagnon, Redouane E., qui aurait manifesté des fantasmes sur des enfants, selon des sources judiciaires. Dans une vidéo, on constate des comportements répréhensibles, tels que l’introduction de deux doigts dans la bouche d’un enfant. Dans une autre, une manipulation inappropriée a été filmée, selon les investigations en cours.
En septembre 2025, le procureur de Bobigny a noté qu'il y avait alors « deux nourrissons victimes », et l'enquête se poursuit pour identifier toutes les implications de ce scandale.







