Ce mardi 23 juin, le tribunal judiciaire de Bayonne s'apprête à entendre le procès de la société Lapix Bâtiment ainsi que deux de ses employés, suite à la mort tragique de Mohammed Kichouchi, un grutier de 42 ans, dans un accident survenu en mars 2022.
Lors de la matinée du 9 mars 2022, une grue installée sur un chantier à Bayonne, situé au 36, boulevard Alsace-Lorraine, s'est effondrée sur un immeuble, provoquant la mort de Kichouchi. Selon une enquête approfondie, la chute a été causée par une série de négligences dans le montage de la grue ; l'un des quatre pieux soutenant sa structure avait cédé, ce qui a projeté le grutier hors de sa cabine, le faisant chuter d'une hauteur d'environ dix mètres.
Ce drame a profondément frappé la communauté locale, suscitant une mobilisation des syndicats, dont la CGT Construction bois ameublement, qui a organisé un rassemblement de soutien pour toutes les victimes d'accidents du travail. "Chaque jour, notre secteur déplore plus d'un décès," a déclaré un représentant syndical, rappelant l'importance cruciale de la sécurité sur les chantiers.
Dénonciation des négligences
Les investigations et les expertises subséquentes ont mis en évidence des défaillances alarmantes. Les fondations de la grue auraient été coulées dans un béton encore humide, aggravé par l'emplacement en bord de rivière, rendant le séchage difficile. Les autorités judiciaires reprochent notamment au chef de chantier de ne pas avoir respecté les plans établis par un bureau d'études et d'avoir opté pour un béton de qualité inférieure.
Le conducteur de travaux, chargé de superviser le chantier, a également été blâmé pour n'avoir pas réalisé les vérifications nécessaires concernant la conformité de la grue et pour n'avoir pas fourni la documentation requise au bureau de contrôle.
Alors que le procès s'ouvre, l'issue reste incertaine. L'affaire pourrait avoir des implications significatives sur la réglementation en matière de sécurité dans le secteur du bâtiment, un domaine déjà sous pression avec des chiffres d'accidents préoccupants, comme l'indique la CGT.
Les familles des victimes espèrent que cette procédure judiciaire mettra en lumière les manquements des entreprises et les conditions de travail parfois dangereuses auxquelles sont confrontés les employés dans le secteur de la construction.







