Le célèbre réalisateur français Luc Besson, sous le feu des accusations de viol de l’actrice belgo-néerlandaise Sand Van Roy, se trouve à un carrefour judiciaire. Ce mardi, la cour d'appel de Paris va déterminer si de nouvelles investigations seront menées à son encontre, une affaire emblématique du mouvement #MeToo qui s'était soldée par un non-lieu en 2021.
Lors de l'audience tenue le 2 juin, la procureure a exprimé un certain scepticisme quant à la définition d'une charge nouvelle, tout en se reposant sur la décision de la cour. Selon les réquisitions du parquet général, révélées par l'AFP, des analyses ADN effectuées sur le sous-vêtement de la plaignante pourraient constituer un nouvel élément pertinent. Ces analyses montrent que l'ADN de Besson aurait été retrouvé sur le vêtement, ce qui, selon l’avocat de Van Roy, Me Antoine Gitton, justifierait une réouverture de l'affaire.
En effet, le conseil a affirmé que ce sous-vêtement, n'ayant jamais été correctement expertisé, constitue un fait matériel « capital ignoré » au cours de l'enquête précédente. Au moment de la requête, Sand Van Roy n’avait pas encore soumis ces éléments à la défense de Besson, qui n'a pas souhaité commenter sur le sujet.
Le parcours procédural des accusations reste complexe. Après un classement sans suite en février 2019, un non-lieu en décembre 2021 a été confirmé par la cour d'appel en mai 2022 et par la Cour de cassation en juin 2023. L'actrice a déposé sa plainte initiale le 18 mai 2018, à la suite d'un rendez-vous controversé dans un hôpital parisien. Selon Van Roy, Besson aurait exercé des pressions après lui avoir imposé une pénétration digitale, ce que les constatations médicales auraient corroboré.
De plus, l'actrice a étendu ses accusations à d'autres viols et agressions qu'elle allègue s'être déroulés entre 2016 et 2018, décrivant une « relation d'emprise professionnelle » marquée par des menaces de rétorsion sur sa carrière. Pour Besson, ces accusations auraient découlé d'une relation extraconjugale, bien que, selon lui, leur interaction ait été consensuelle et empreinte de « douceur ». Ce dossier controversé soulève la question de la manière dont les affaires de cette nature sont traitées dans le système judiciaire français.







