Téhéran a réaffirmé, le 23 juin, son intention de garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, en dépit de l'annonce américaine de la levée de certaines sanctions pétrolières dans le cadre des pourparlers visant à mettre fin aux tensions au Moyen-Orient.
Les discussions du week-end en Suisse ont permis d'établir des « bases très solides pour un accord final réussi », s'est réjoui J.D. Vance, vice-président américain, avant d'annoncer une suspension de deux mois des sanctions sur le pétrole iranien.
Néanmoins, selon le négociateur iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, les conditions dans le détroit d'Ormuz ne récupéreront pas leur ancien état. « L'administration du détroit d'Ormuz ne redeviendra jamais ce qu'elle était avant la guerre », a-t-il déclaré, rapporté par l'agence officielle Irna. Actuellement, environ 20 % du pétrole et du GNL mondial transitent par cette voie stratégique, alors qu'un contrôle strict est désormais instauré après les attaques militaires des États-Unis et d'Israël contre l'Iran.
L'Iran a aussi annoncé avoir conclu un accord avec les États-Unis pour débloquer « immédiatement » 12 milliards de dollars d'avoirs gelés, libérés en deux tranches de 6 milliards. J.D. Vance a précisé que ce dégel ne devra pas alimenter des activités terroristes.
Des groupes de travail se mettront en place pour aborder des thèmes comme la levée des sanctions et le développement économique de l'Iran, a ajouté Kazem Gharibabadi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères, cité par Irna.
Ghalibaf se rend à Oman
Les négociations entreprises en Suisse suscitent des espoirs pour une résolution pacifique du conflit et ont contribué à faire chuter le prix du baril de Brent sous les 80 dollars, bien loin des niveaux élevés atteints en période de tensions prolongées. Les discussions, avec le Pakistan et le Qatar en tant que médiateurs, doivent aboutir à un accord final dans un délai de 60 jours renouvelables.
Parallèlement, le président iranien Massoud Pezeshkian se prépare à une visite officielle en état à Islamabad, tandis que le secrétaire d'État américain Marco Rubio effectuera un déplacement dans plusieurs pays du Golfe. De leur côté, les négociateurs iraniens, dirigés par Ghalibaf, se rendent à Oman pour discuter spécifiquement de la gestion du détroit d'Ormuz.
Confronté à la pression d'un conflit affectant le pouvoir d'achat des Iraniens, Washington a multiplié les gestes envers Téhéran, incluant des mesures permettant les transactions pétrolières avec l'Iran jusqu'au 21 août.
« Premier test réel »
Depuis la résiliation de l'accord de 2015 par Donald Trump en 2018, les inspections avaient été suspendues suite aux attaques israélo-américaines sur des installations iraniennes. Les inspecteurs n’ont pas pu accéder aux sites concernés, soulevant des doutes concernant les stocks d'uranium hautement enrichi, un point de discorde majeur avec Washington. Téhéran affirme ne pas poursuivre d'objectifs nucléaires militaires, tout en restant ferme sur son droit d'exploiter une technologie nucléaire civile.
En ce qui concerne le Liban, où la situation est tendue à cause du conflit avec Israël, Téhéran insiste pour qu'un « cellulaire de gestion des conflits » soit mis en place pour aller vers un cessez-le-feu durable. Ce lundi, le président libanais Joseph Aoun a révélé avoir reçu un appel de J.D. Vance sur ce sujet. Pour Abbas Araghchi, chef de la diplomatie iranienne, le respect de ce cessez-le-feu constituera « le premier test réel » de la solidité de l'accord américano-iranien.
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