"Une nouvelle encourageante, mais teintée de prudence": à Londres et Manchester, des Britanniques interrogés par l'AFP ont salué la décision de Keir Starmer de quitter son poste de Premier ministre, tout en soulignant les défis qui attendent son probable successeur, Andy Burnham.
L'avocat Alan Collins confie à l’AFP que cette démission a apporté un "grand soulagement à beaucoup". Pour lui, la fin de l'ère Starmer, marquée par une popularité en chute libre, représente "une lueur d'espoir pour le pays", confronté à des problèmes qui n'ont pas été suffisamment abordés. Une opinion largement partagée puisque 62% des Britanniques, selon un sondage de YouGov, estiment qu'il était temps pour Starmer de partir.
Andy Burnham, ancien maire de Manchester et actuellement unique candidat pour succéder à Starmer, se retrouve dans une position favorable pour monter à Downing Street, possiblement dès la mi-juillet, suite à sa récente victoire lors d'une législative partielle.
"S'il devient Premier ministre et qu'il est prêt à relever les défis du pays, il a une chance", note Alan Collins. Cependant, il ajoute que si Burnham ne parvient pas à changer la donne, cela pourrait être une "occasion manquée".
- "Un cycle infernal" redouté -
À Manchester, où Burnham bénéficie d'une forte popularité, résidents et travailleurs se montrent également optimistes, mais conscients des défis à venir. Louis Marks, 30 ans, travaillant dans le secteur financier, se réjouit de voir une "voix du nord" à Downing Street. Toutefois, il rappelle que Burnham devra passer d'une gestion locale à une gestion nationale, notamment pour faire face à des enjeux brûlants comme la hausse du coût de la vie.
Surnommé "le roi du nord", Burnham a promis de lutter contre l'augmentation des factures d'énergie et d'eau. Aaron Wear, 23 ans, ingénieur, partage cette opinion et craint que la gestion à l'échelle nationale soit plus complexe que celle d'une ville. "Il devra trouver un équilibre", souligne-t-il, espérant malgré tout qu'il réussira.
Le temps presse pour Burnham, surtout dans un contexte économique fragile et face à des crises internationales comme celles qui touchent l'Ukraine et l'Iran. Louis Marks prévient : "Si d'ici quatre mois, il n'y a pas de changements notables, les citoyens risquent d'être frustrés et nous pourrions entrer dans un cycle infernal de changements de Premiers ministres", faisant référence aux six chefs de gouvernement qui se sont succédé au Royaume-Uni au cours des dix dernières années.
À Londres, Maria, employée dans la finance, souligne que le futur Premier ministre fera face à des défis économiques majeurs dès son arrivée. "Beaucoup de gens ont perdu confiance", déclare-t-elle. "Il y a eu de nombreux changements, mais rien n'a vraiment changé pour le moment."







