La cour d'appel de Paris a validé le renvoi de Franck Elong Abé, détenu radicalisé, devant une cour d'assises spéciale pour son implication dans l'assassinat du militant corse Yvan Colonna. Cette décision, prise le 6 octobre, découle de l'agression survenue le 2 mars 2022 dans la prison d'Arles, où Colonna purgeait une peine de réclusion à perpétuité pour l'assassinat du préfet Claude Erignac en 1998.
Colonna a succombé à ses blessures le 21 mars 2022, déclenchant des manifestations massives en Corse. L'attaque avait été décrite par les juges d'instruction comme caractérisée par une extrême violence, tandis qu'Abé, âgé de 39 ans, soutient qu'il n'agissait pas au nom d'un groupe.
D'après les juges, la volonté de tuer d'Abé est indiscutable, motivée par des croyances et des différends religieux. Les avocats de la famille, Mes Anna-Maria Sollacaro et Dominique Paolini, ont réagi à la décision en déclarant que « de nombreuses zones d’ombre subsistent ». Ils critiquent le système judiciaire pour son incapacité à répondre à des questions fondamentales sur les circonstances de l'agression.
Les tensions autour de cette affairent s'intensifient également en raison de l'État, qui a été condamné à verser 75 000 euros aux héritiers de Colonna, pour manquements fautifs de l’administration pénitentiaire. Une enquête parlementaire a souligné de graves défaillances dans le traitement d'Yvan Colonna et la gestion de la dangerosité d'Abé.
Alors que le procès se profile, les avocats de la famille Colonna restent déterminés à obtenir des réponses claires sur ce qui a été qualifié d'assassinat au nom de la raison d’État. Le débat public continue de croître concernant la sécurité et le traitement des détenus radicalisés en France.







