Le 14 novembre dernier, Émile Siegler, 37 ans, purgeant une peine pour des vols, a profité d'une sortie pédagogique au planétarium de Rennes pour s’éclipser. Ce moment, qui devait être une chance d’évasion vers la réhabilitation, s’est transformé en un défi pour les autorités pénitentiaires.
Alors qu’il participait à cette activité, Siegler a réussi à s’enfuir, échappant à la vigilance des encadrants. Il a été interpellé dix jours plus tard dans un terrain de gens du voyage à proximité de Nantes, où il avait des liens préalables. Il comparaît ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Rennes pour répondre de cette évasion, une récidive qui pourrait avoir des conséquences sévères.
Pour son avocat, la situation est « classique » sur le plan pénal, mais elle a pris une ampleur politique inattendue. Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a récemment démis le directeur de la prison de Rennes-Vezin de ses fonctions, qualifiant la situation de « faute ». Florian Adam, représentant du syndicat FO Justice, a exprimé sa satisfaction face à cette arrestation, tout en soulignant que cela ne devrait pas faire peser la responsabilité sur le directeur seul.
Siegler, qui avait quitté le planétarium sans retour, s'est dirigé vers la Clairière à Mauves-sur-Loire. Au moment de son arrestation, il semblait soulagé, son avocat indiquant qu'il était submergé par l’attention médiatique. Selon lui, sa fuite n’avait pas de raison d'être prolongée, car sa peine était amenable avec des perspectives de bracelet électronique. « C'est une mauvaise décision, prise sur un coup de tête », a-t-il souligné.
Malgré un passé judiciaire lourd avec 27 mentions, majoritairement pour des crimes contre les biens, Siegler n’a pas exhibé de comportement problématique en détention, selon son avocat. « C'est un détenu calme, sans incidents majeurs », a-t-il mentionné. Il a également évoqué une agression violente dont Siegler a été victime avant son évasion, ce qui aurait pu influencer sa décision de fuir.
La sortie en question n'a pas été demandée par Siegler, mais proposée par l'administration pénitentiaire, sans escorte de surveillance. Ce choix a soulevé des questions sur la capacité à garder des détenus connus pour leur passé d’évasion durant des permissions de ce type. Des syndicats pénitentiaires se montrent en effet critiques sur cette décision, jugeant qu’il aurait fallu l'exclure de telles activités.
Enfin, à la suite d'une enquête, Siegler se retrouve également associé à un dossier criminel impliquant des incendies, ayant été condamné à deux ans et demi de prison pour son rôle dans des événements liés à des conflits commerciaux alors qu'il était déjà incarcéré.
À l'approche du jugement pour cette nouvelle évasion, Siegler affronte jusqu'à six ans supplémentaires de prison. Pour sa défense, l’enjeu est de « remettre les choses à leur juste mesure ». Son conseil, Me Sami Khankan, espère que l’audience montrera la différence entre un incident ordinaire et une affaire à enjeux politiques. Le jugement devrait avoir lieu ce jeudi à 15 heures.







