Paris (France) (AFP) – Dans un rebondissement inattendu, le Sénat a voté ce mercredi pour s'opposer à toute forme d'aide à mourir. Cette décision, qui survient alors que le sujet fait débat depuis des années, témoigne de tensions politiques croissantes, surtout au sein d'une majorité à dominance conservatrice.
Les débats, qualifiés de chaotiques par certains observateurs, ont abouti au rejet d'un article fondamental fixant les conditions d'accès à un dispositif de suicide assisté ou d'euthanasie. Les sénateurs ont finalement réécrit l'article clé, dépossédant ainsi la proposition de son contenu essentiel.
L'amendement proposé par un groupe de sénateurs, dont certains sont proches du chef des Républicains Bruno Retailleau, a substitué à l'assistance médicale à mourir un « droit au soulagement optimal de la douleur et de la souffrance ». Une modification qui a suscité l'inquiétude du sénateur communiste Pierre Ouzoulias, qui a mis en garde contre les conséquences de cette mesure sur les options de soins en fin de vie.
Les controverses entourant ce texte ont provoqué des échanges houleux, de nombreux représentants de la gauche soulignant que le rejet de l'aide à mourir semblait fondé sur des convictions religieuses, plutôt que sur des considérations médicales. "Nous retrouvons ici les limites du processus législatif", a déclaré Pierre Ouzoulias, se demandant si la réécriture de ce texte ne risquait pas de nuire aux droits des patients.
Un vote solennel sur l'ensemble de la proposition de loi, portée par le député Olivier Falorni, est prévu pour le 28 janvier, bien que son impact reste discutable, le texte ayant été réduit à une ombre de sa forme initiale. En effet, les divergences entre Sénat et Assemblée nationale semblent indiquer que le véritable débat aura lieu au sein de cette dernière, où une majorité favorable à une réforme est présente.
Pour Jonathan Denis, président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), cette situation met en lumière les difficultés du Sénat à parvenir à un consensus sur un sujet aussi crucial. "Le Sénat semble incapable de trouver un compromis efficace, contrairement à l’Assemblée", a-t-il déploré.
Alors que la réforme vise à amener la France dans le concert international des pays qui ont légiféré sur l'aide à mourir, comme les Pays-Bas ou la Belgique, le chemin reste semé d'embûches. La question de la fin de vie et des droits des patients est loin d'être résolue.
Il semble que tant que les discussions continueront de se heurter à des convictions profondément ancrées et à des visions politiques divergentes, le progrès pour les personnes en fin de vie pourrait être long à atteindre.
« Ce soir est triste pour le Sénat », a déclaré le chef des sénateurs socialistes Patrick Kanner, critiquant les divisions présentes. Les débats sur un texte plus consensuel sur les soins palliatifs qui suivront risquent également de soulever des questions difficiles, sur fond de préoccupations sur la santé et la dignité des patients.
Une issue reste néanmoins envisagée, avec des discussions prévues à l'Assemblée nationale, qui pourrait décider du destin de la mesure controversée. Les attentes sont élevées quant à la possibilité d'atteindre un consensus sur un sujet si précieux pour de nombreux Français.







