Rompre avec l’image d’héritier, sans rompre avec le bloc central : le casse-tête Attal pour la présidentielle
En annonçant ses intentions pour 2027, Gabriel Attal s’efforce de se distancier de l’héritage d’Emmanuel Macron, tout en restant fidèle au bloc central. Ce numéro d’équilibriste est d’autant plus compliqué par la rivalité avec Édouard Philippe et un contexte international délicat.
Gabriel Attal affiche clairement son ambition présidentielle, mais un défi majeur l'attend : s'affranchir du poids de Macron. Il doit non seulement abandonner son rôle d’héritier, mais également représenter le bloc central en 2027. La faible popularité du président peut peser sur sa candidature, mais Attal doit également s'assurer du soutien du mouvement présidentiel, Renaissance, qu’il dirige, ainsi que de ses alliés. Une tâche complexe, typique de la vie politique française.
Succéder à un président dont le mandat se termine dans la controverse reste un défi redoutable. En 1995, Lionel Jospin avait tenté de se démarquer de François Mitterrand avec son concept de droit d’inventaire, mais cela n'avait pas suffi. En 2007, Nicolas Sarkozy avait utilisé une approche plus agressive, prônant "la rupture" avec un Jacques Chirac qu’il dépeignait comme un roi déchu. Sa stratégie avait payé : il s’était présenté comme le candidat du renouveau, incarnant "la France d’après".
Concurrencé par Édouard Philippe
Gabriel Attal pourrait s’inspirer de cette stratégie. Depuis son départ de Matignon, il met en lumière sa volonté d’éloigner le spectre d’Emmanuel Macron. Il exprime sa désillusion quant aux décisions présidentielles depuis la dissolution de l’Assemblée, accusant Macron d’avoir alimenté l'instabilité. Son ambition de "tourner la page du chaos" reflète une volonté de préparer un avenir différent.
Cependant, il fait face à la montée d’Édouard Philippe, un autre ancien Premier ministre qui a su se positionner comme une voix critique de Macron. Longtemps, Philippe se voulait "loyal et libre", mais il agit désormais avec plus d'audace, appelant à la démission du président et à des élections anticipées. À l'Élysée, cette attitude est perçue comme celle d'un "émeutier irresponsable", selon des sources proches du pouvoir.
Malgré sa bravade, Philippe a vu sa popularité s'éroder dans les sondages, perdant l’appui des macronistes sans véritablement capter le soutien de ses adversaires, qui n’oublient pas son passage à Matignon. Ce dilemme se pose également pour Gabriel Attal : comment critiquer le président sans être qualifié de traître, tout en préservant le prestige de la présidence qu’il convoite? C’est un exercice périlleux, d’autant que les tensions internationales et la menace de figures comme Donald Trump et Vladimir Poutine appellent à l’unité derrière la figure du chef d’État.







