Lors de sa seconde journée d’audition devant la cour d’appel du RN, Marine Le Pen a dû faire face à des accusations très sérieuses. Confrontée à une pression intense, elle a admis une forme de « négligence » sans pour autant se considérer comme coupable des accusations de détournement de fonds publics qui pèsent sur elle.
Au pupitre blanc, Marine Le Pen a passé près de neuf heures sur la sellette le 21 janvier dernier. Moins à l’aise qu’en campagne électorale, elle a dû essuyer des critiques acerbes de la présidente de la cour qui ont visé son rôle dans une affaire concernant des assistants parlementaires. Selon plusieurs sources, dont Le Monde, ces assistants n’auraient été que de faux employés du Front National entre 2011 et 2016, alors même que Le Pen exerçait des fonctions de présidente.
Désespérée d’échapper à une issue défavorable, elle affirmait avoir agi de bonne foi. « C’était sans doute résiduel », a-t-elle argumenté, exprimant sa difficulté à clarifier les missions de son personnel. Loin de la sérénité, elle a dû se justifier, mettant en avant la confusion entre ses rôles politiques et ceux liés au parti. Selon des experts de la politique locale, cette confusion souligne une intégration plutôt trouble entre ses fonctions, ce qui pourrait nuire à son image de candidate.
Les débats sur la responsabilité
Au fur et à mesure que les arguments se déployaient, le procureur ne manquait pas de souligner combien ces abus se traduisaient non seulement par des chiffres, mais également par des responsabilités quant à la moralité politique. « Il est troublant de constater qu'il s'agit d'une approche purement comptable de vos activités », commentait l'avocat européen. Le Figaro rapporte que Marine Le Pen a tenté de se défendre en répétant que les erreurs étaient communes dans le milieu politique, tentant ainsi de minimiser la portée de ses actions.
Les délibérations ont davantage mis en lumière la perception du public à son égard. Alors que certains analystes pensent que ce procès pourrait entacher son image, d'autres, comme le sociologue Pierre-Jean Luizard, estiment que « sa défense pourrait trouver écho chez une partie de l’électorat, avide de voir ses leaders faire face à des systèmes perçus comme corrompus ».
Pour l’instant, la décision de la cour reste dans l'incertitude, mais ce procès pourrait bien redéfinir non seulement l’avenir immédiat de Marine Le Pen, mais aussi sa carrière politique à long terme. Au moment même où elle était jugée, son ancien allié, Jordan Bardella, multipliait les succès dans les sondages, illustrant des dynamiques politiques qui se complexifient autour d'elle.







