Alors que le Parlement européen a récemment freiné l'accord entre l'Union européenne et les pays du Mercosur, l'Allemagne, à travers son chancelier Friedrich Merz, réclame son application provisoire « immédiate ». Cette demande a été formulée après que les eurodéputés ont décidé de saisir la Cour de justice de l'UE pour examiner la légalité du traité conclu avec l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay.
Le vote du Parlement européen, qui a obtenu 334 voix pour, 324 contre et 11 abstentions, a provoqué une joie manifeste à Strasbourg, où des agriculteurs se sont rassemblés pour célébrer ce coup d'arrêt. Merz a jugé ce vote « regrettable », soulignant qu'il « méconnaît la situation géopolitique » actuelle. Il a affirmé sa confiance dans la légalité de l'accord et a exhorté à sa mise en œuvre « à titre provisoire ».
« Un vote important » qui « doit être respecté »
En France, des voix s'élèvent contre cette éventualité. Le collectif Stop CETA-Mercosur, comprenant la Confédération paysanne, a dénoncé toute application provisoire de l'accord, la qualifiant de « scandale démocratique inacceptable ». Annie Genevard, ministre de l'Agriculture, a insisté sur le fait qu'une telle mesure n'est pas justifiée, arguant que cela « heurterait la délibération du Parlement européen ».
Sébastien Lecornu, Premier ministre, a également réagi, affirmant que le vote des eurodéputés « doit être respecté ». De plus, Jean-Philippe Tanguy, député du RN, a interpellé les autorités françaises sur la nécessité d'évaluer la réalité de la relation franco-allemande face à cette situation. Le Parti socialiste a demandé à la France de s'opposer fermement à toute application anticipée de l'accord tant que la Cour de justice de l’UE n’a pas rendu sa décision.
Ce débat autour de l'accord Mercosur met en lumière les tensions existantes au sein de l'Union européenne et entre ses membres, tandis que la Commission européenne devra finalement trancher sur cette question cruciale.







