Pour la période hivernale de 2024 à 2026, le Conseil d'État a ordonné la fermeture du golfe de Gascogne à certaines pêches afin de protéger les cétacés. Cette initiative vise à réduire les captures accidentelles des dauphins dans les filets de pêche. Des mesures alternatives sont également en cours d'expérimentation pour minimiser l'impact sur l'activité halieutique, mais les données existantes restent limitées.
Le 22 janvier 2026 marquera le début de la dernière année de fermeture du secteur à certains types de pêche pour les dauphins. Introduite suite à un recours de plusieurs ONG en 2023, cette décision vise à enrayer la hausse des captures accidentelles de dauphins communs, qui évolue dangereusement depuis 2016.
Ces mesures de protection semblent être efficaces : selon l'observatoire Pelagis, il y a eu une diminution de 60% des captures durant l'hiver 2024-2025 par rapport à la période de référence 2017-2023.
Des changements dans le comportement des dauphins
Une étude récente, menée par l'Ifremer et Pelagis, a révélé un changement dans la répartition des dauphins au large des côtes. "Les dauphins se rapprochent des côtes en hiver", explique Hélène Peltier, chercheuse chez Pelagis, suggérant que ce comportement est lié à la recherche de proies. Toutefois, ces recherches soulignent l'absence d'informations claires concernant les proies hivernales, notamment les sardines et les anchois.
Les scientifiques avancent que le réchauffement des eaux de surface, conséquence directe du changement climatique, perturbe la chaîne alimentaire, affectant ainsi les populations de ces petits poissons. "Les changements dans les pratiques de pêche influencent également le milieu marin", poursuit Peltier, mentionnant les nouvelles réglementations et quotas.
Une vigilance continue
Alors que cette période de fermeture se termine, la suite des opérations est encore incertaine. "Rien n'est encore décidé pour 2027", précise Clara Ulrich, coordinatrice des expertises halieutiques à l'Ifremer. Les efforts se poursuivent avec la collecte de données pour guider les décisions futures.
Dans le cadre du Plan d'action pour les mammifères marins, des essais sont en cours avec des navires équipés de caméras et d'effaroucheurs acoustiques. Ulrich souligne la nécessité d'un échantillonnage robuste, car les captures restent rares au niveau individuel des navires.
Collaboration essentielle
Hélène Peltier insiste sur l'importance de la collaboration avec les pêcheurs pour affiner les stratégies de protection. "Plus nous avons de données précises, meilleures seront nos interventions", explique-t-elle. Le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM) a exprimé son soutien à la protection des cétacés tout en appelant à une évaluation rigoureuse avant toute prolongation des mesures.
Les scientifiques mettent également en garde contre l'efficacité des dispositifs de protection, tels que les effaroucheurs, soulignant le besoin urgent de comprendre les signaux acoustiques des dauphins pour éviter l'accoutumance.
Futur incertain en matière de protection
Les appels des ONG, comme France Nature Environnement, résonnent ; des mesures appropriées doivent être mises en place pour assurer la viabilité de l'espèce. Une audience pour examiner un recours en responsabilité contre l'État est prévue le même jour, soulevant des questions sur l'implication de l'État dans la préservation des dauphins, et sur sa conformité avec la réglementation européenne.
Pia Savart, juriste à FNE, souligne que "l'État reconnaît un préjudice écologique", traduisant un besoin d'actions concrètes. Les associations, en réponse à l'inaction, cherchent à renforcer la protection de ces créatures marines vulnérables.







