Les eurodéputés ont voté en faveur de la saisine de la Cour de justice de l’UE concernant l’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur, retardant ainsi son entrée en vigueur. Cette décision représente une victoire significative pour les opposants, notamment les agriculteurs européens, qui s'inquiètent des conséquences de cet accord sur leurs productions.
Lors d'une séance plénière, le Parlement européen a adopté la résolution pour demander à la Cour de justice (CJUE) d'examiner la légalité de l'accord, le tout par une majorité serrée de 334 voix contre 324, avec onze abstentions. Cela témoigne de la division au sein de l'assemblée sur cet enjeu crucial.
Vers un retard de l’entrée en vigueur
Cette saisine pourrait retarder l’application de l’accord pendant plusieurs mois. Toutefois, selon la Commission européenne, une mise en application provisoire pourrait être envisagée, malgré les réticences. Les États membres favorables pourraient inciter à déclencher cette application, surtout dans un contexte où l’Europe doit se préparer face aux nouvelles menaces commerciales des États-Unis.
Ce mardi, après l'annonce du vote, des manifestations massives ont eu lieu à Strasbourg, où plus de 5 000 agriculteurs, soutenus par 700 tracteurs, se sont mobilisés contre l’accord. Les agriculteurs, déjà confrontés à des réglementations strictes au sein de l’UE, craignent que cet accord n’aggrave leur situation, notamment à la suite de l'abattage de troupeaux dû à la dermatose nodulaire qui a alimenté les tensions le mois dernier.
Selon un représentant des agriculteurs, "cet accord est une menace directe pour notre existence et notre savoir-faire. Il est impératif que l'Europe prenne en compte nos besoins". La pression monte donc, tant au sein des institutions que sur le terrain, alors que les discussions sur cette question cruciale ne font que commencer.







