La France sans budget est comme une voiture en panne : elle ne peut avancer. Dans cette optique, Sébastien Lecornu a choisi d'opter pour un passage en force : le fameux 49-3. Si cette décision lui assure peut-être une certaine stabilité à Matignon, elle soulève de nombreuses questions sur le prix à payer pour cette "solution".
Le Premier ministre avait initialement promis de soumettre le budget de la France avant le 31 décembre, sans recourir à l'article 49 alinéa 3 de la Constitution. Ce qui a résulté est un "semi-succès, semi-échec" selon ses propres termes. Si la Sécurité sociale a pu bénéficier d'un budget validé, l'important budget principal reste en attente. Alors qui est à blâmer pour cette impasse ?
Selon Lecornu, "les choses sont désormais bloquées, le texte n’est pas votable". Un constat amer pour un gouvernement qui espérait des compromis. Toutefois, des partis tels que La France Insoumise et le Rassemblement national ont choisi de ne faire aucune concession, alimentant ainsi cette crise où une France sans budget s'enlise dans l'inaction. Cette situation pourrait paralysie l'État, rendant impossible toute action publique, et n’offre aucune visibilité aux collectivités locales ni aux entreprises pour investir.
Les conséquences de ce blocage se font ressentir dans la vie quotidienne des Français, ainsi que dans la perception de la France à l'international. Alors que des tensions géopolitiques se multiplient, l'incertitude économique pourrait miner le moral général, un aspect que de nombreux citoyens trouvent difficilement acceptable, souhaitant « passer à autre chose ».
Un budget contesté mais nécessaire
Le choix de l'exécutif d'enclencher le 49-3 s'inscrit dans une volonté de tenir les oppositions à distance. Les membres du Parti socialiste ont été clairs : un recours aux ordonnances budgétaires mettrait en péril le gouvernement. C'est donc une manœuvre délicate qui, bien que risquée, laisse entrevoir quelques perspectives d'accord, même si elles demeurent floues. Certains observateurs qualifient cela d'un autre "semi-succès, semi-échec" pour le Premier ministre.
Les propositions sociales et fiscales doivent suffire à apaiser les députés socialistes et républicains, permettant ainsi d’éviter une chute du gouvernement. Néanmoins, cette victoire semble acquise à un coût exorbitant. L’objectif de réduire le déficit à 4,7 % du PIB en 2026 a été ajusté à un modeste 5 %, un objectif qui n’offre guère d’optimisme quant à une réelle désendettement du pays.
Les experts s'accordent à dire qu'un mauvais budget vaut mieux que pas de budget du tout, mais le prix à payer pour cette sortie de crise pourrait constituer une lourde hypothèque sur l'avenir. Les efforts non entrepris aujourd’hui obligeront les dirigeants de 2027 à intensifier leurs actions pour maintenir la France à flot. Et c’est là que réside l’inquiétude d’un traitement de choc dans un futur proche.







