Ce jeudi, un Palestinien de 28 ans, Muath J., sera jugé devant le tribunal correctionnel de Nanterre pour avoir agressé un rabbin à Neuilly-sur-Seine. Les faits, survenus le 6 juin 2025, impliquent une attaque au visage du rabbin Elie Lemmel avec une chaise, entraînant une incapacité de travail de quatre jours. Le parquet a choisi de retenir l'antisémitisme comme circonstance aggravante.
Dix jours après son interpellation, l'accusé avait été placé sous garde à vue, suivie d'une hospitalisation sous contrainte pour des soins psychiatriques. Bien que la première expertise ait évoqué une « maladie hallucinatoire » entraînant une irresponsabilité pénale, une seconde analyse a réfuté l'idée d'une abolition de son discernement, tout en confirmant l'existence de troubles psychiques, selon des documents judiciaires obtenus par l'AFP.
Des antécédents préoccupants émergent : durant son enquête, il a révélé avoir agi sous l'influence de voix, disant ne pas avoir prémédité son acte. Ce comportement violent n'était pas un cas isolé : peu avant l'attaque à Neuilly, Muath J. avait déjà agressé un restaurateur en Allemagne. Les autorités allemandes ont informé leurs homologues français d’un diagnostic de schizophrénie, bien qu'aucun certificat médical ne leur ait été remis.
Le rabbin victime de deux agressions en quelques jours
Elie Lemmel, agé de 64 ans, n'est pas étranger à ces violences; il a récemment été la cible d'un incident similaire à Deauville. Son avocate, Me Muriel Ouaknine-Melki, a déclaré attendre du tribunal une « réponse ferme » contre ces actes antisémites, exprimant l'espoir d'un message dissuasif pour d'autres potentiels agresseurs.
L'agression de Lemmel a suscité des réactions indignées au sein de la communauté juive, ainsi que parmi des personnalités politiques. L'ancien Premier ministre François Bayrou avait souligné que « l'état de la société conduit à une radicalisation du débat public », évoquant le contexte alarmant des actes antisémites en France. Selon le ministère de l'Intérieur, la France a enregistré 504 incidents antisémites entre janvier et mai 2025, une augmentation de 134% par rapport aux mêmes mois de l'année précédente.
Ce procès représente bien plus qu'une simple affaire juridique; c'est un miroir des tensions persistantes en France et des défis face à la haine et à l'intolérance qui continuent de menacer la cohésion sociale.







