La présidentielle de 2027 semble encore lointaine, mais les discussions s'intensifient déjà au sein des partis politiques. Si des figures comme Jean-Luc Mélenchon pour La France Insoumise et Marine Le Pen pour le Rassemblement National semblent assurées, la situation au sein du gouvernement est beaucoup plus floue. Selon un conseiller macroniste, "les chevaux ne courent pas encore vers la ligne d'arrivée, mais vers la ligne de départ". Il ajoute que "les contours des candidats ne seront clairs qu'à la fin de cette année".
Les personnalités qui émergent aujourd'hui ne seront peut-être plus les favorites demain. Les proches d'Emmanuel Macron, par exemple, excluent Édouard Philippe et Gabriel Attal, jugés comme ayant trahi le président. "Intéressez-vous aux candidats dormants", a révélé un membre de l'Élysée. Dans cette catégorie, trois noms reviennent régulièrement : Xavier Bertrand, Jean Castex et Sébastien Lecornu.
Castex préfère la SNCF ?
Xavier Bertrand montre clairement son intention de se porter candidat, bien qu'il souligne que"si l'Élysée parle de moi, ce n’est pas pour m'aider". Jean Castex, en revanche, semble moins engagé, sa nomination à la tête de la SNCF étant perçue par certains comme un obstacle à ses ambitions présidentielles. Un député proche du président confie : "Je ne suis pas sûr qu'il abandonne son nouveau poste si rapidement". Quant à Sébastien Lecornu, même s'il n'envisage pas encore la candidature, sa gestion du budget pourrait le pousser à reconsidérer sa position.
Les sondages à venir joueront un rôle crucial dans l’établissement des dynamiques politiques. En 2027, les électeurs cherchant à éviter tant Jean-Luc Mélenchon que le Rassemblement National sont plus susceptibles de voter pour un candidat centriste identifié comme apte à l'emporter. Adélaïde Zulfikarpasic d'Ipsos-BVA a déclaré à l'AFP : "Le barrage républicain s'est fissuré, mais il n'est pas mort". Ses recherches révèlent que les électeurs de droite sont de plus en plus ambivalents sur le principe du barrage, tandis qu'à gauche, le ressentiment envers Emmanuel Macron fragilise les réflexes traditionnels. Toutefois, la tradition veut que le front républicain se resserre dans la phase finale des élections.
Deal avec Retailleau
Celui qui pourrait réellement parvenir à rassembler les suffrages de la gauche est "celui pour qui ils seront prêts à voter", nous confie une source proche du dossier. Xavier Bertrand, qui tente d'incarner une droite sociale, espère devenir ce candidat. Sébastien Lecornu, quant à lui, se rapproche de la gauche en négociant des concessions pour faire passer son budget.
Édouard Philippe, pour sa part, avance sur une voie différente, un choix jugé risqué par des partisans de Macron, en particulier si un accord avec Bruno Retailleau se concrétise. "C’est un calcul dangereux", conclut notre source, renforçant l'idée que le spectre philippiste pourrait se voir affaibli dans cette course à la présidentielle.







