Dans un contexte tendu, des discussions se tiendront à Islamabad à partir du 10 avril 2026, après un fragile cessez-le-feu.
Les États-Unis et l’Iran doivent entamer des pourparlers à Islamabad sous l'égide d'un médiateur pakistanais, cherchant à convertir un cessez-le-feu temporaire en paix durable après un conflit ayant troublé l'équilibre économique mondial. Le 8 avril 2026, un cessez-le-feu a été instauré, mais il reste fragile jusqu'au 22 avril.
Le Pakistan, médiateur clé
Le Pakistan, qui entretient de bonnes relations avec les deux nations, joue un rôle de médiateur. Téhéran a été le premier à reconnaître Islamabad après son indépendance en 1947. En plus de leurs liens historiques, les deux pays partagent une frontière de 900 kilomètres.
De plus, Islamabad représente les intérêts iraniens à Washington, et possède une communauté chiite de plus de 20 millions de membres, la deuxième au monde après l'Iran.
Des opportunités à saisir
Les relations du Pakistan avec Washington ainsi qu'avec Ryad et Pékin sont également significatives. Un officiel pakistanais a affirmé que la Chine a joué un rôle crucial pour inciter l'Iran à accepter un cessez-le-feu. « L'espoir s'effondrait, mais la Chine a persuadé l'Iran de discuter », a déclaré ce responsable.
Les enjeux des négociations
Les positions des deux parties semblent éloignées. Le plan américain se compose de 15 points centrés sur les questions nucléaires et le contrôle du détroit d'Ormuz, tandis que l'Iran propose un plan en 10 points demandant un péage sur les navires entrant dans le détroit, la levée des sanctions, et la cessation des interventions militaires.
Selon le Soufan Center, un think tank de New York, « l'inflexibilité de l'Iran sur les exigences nucléaires des États-Unis pourrait entraver un accord à Islamabad ».
Les tensions au Liban, exacerbées par des frappes israéliennes contre le Hezbollah, compliquent également le contexte. Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a exprimé que de telles actions rendent les négociations « dénuées de sens ».
Un casting de négociateurs
Les discussions représentent le plus haut niveau de contact depuis l'accord nucléaire de 2015. J.D. Vance, vice-président américain, conduira l'équipe, accompagnée de l’émissaire Steve Witkoff et de Jared Kushner. Vance a affirmé vouloir des « négociations positives », tout en avertissant que l’équipe ne se laisserait pas distraire par des jeux politiques de l’Iran.
La présence possible de Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, indique que Téhéran considère ces pourparlers comme un signe d'impuissance du monde extérieur face à son régime.
Mesures de sécurité à Islamabad
Le Pakistan a renforcé la sécurité autour des pourparlers, sans toutefois confirmer le lieu exact de la rencontre, qui pourrait se tenir à l’hôtel Serena, dans une zone sécurisée de la capitale. Les discussions seront probablement indirectes, les délégations restant dans des espaces séparés et des médiateurs pakistanais assurant les transmissions.







