Sept victimes et des policiers mis en accusation : la fusillade meurtrière du week-end dernier à Kiev a ravivé les arguments des partisans de la légalisation des armes en Ukraine. Ces derniers estiment qu'une telle mesure pourrait renforcer la sécurité dans ce pays déjà marqué par des conflits armés. Un homme a ouvert le feu, sans raison apparente, dans une rue animée et au sein d’un supermarché de la capitale. Les premières réactions face à cette horreur laissent place à une colère palpable, surtout après l'attitude de deux policiers, désormais suspendus, qui semblent avoir fui la scène durant l’incident.
« Je ne sais pas combien d’innocents devront encore mourir pour que la situation soit comprise ! » s'est indignée Oleksandra Oustinova, députée impliquée dans les questions de sécurité intérieure, sur les réseaux sociaux. Comparant la situation ukrainienne à celle d’Israël, elle a souligné que l’armement des civils pourrait dissuader les agresseurs. Actuellement, la législation ukrainienne sur les armes à feu est fragmentée et restrictive : l'acquisition d'armes de poing est pratiquement interdite, tandis que les armes longues ne peuvent être possédées qu’avec un permis extrêmement difficile à obtenir.
Un cadre législatif sous tension
Selon le Small Arms Survey basé à Genève, près de 90 % des foyers en Ukraine ne détiennent pas d’arme à feu. Malgré la guerre d'agression lancée par la Russie, la possession d'armes par les civils n'a pas significativement augmenté. Après avoir distribué des milliers d’armes pour soutenir la défense nationale en début de conflit, les autorités ont renforcé les contrôles et multiplié les saisies. Pourtant, un baromètre réalisé en octobre révèle que 42 % des hommes ukrainiens sans armes ambitionnent d’en acquérir.
« Rien n’apporte un tel sentiment de sécurité que la possibilité de se défendre. » a déclaré Kateryna Halouchka, ancienne ambulancière sur le front, soulignant la frustration d’un cadre législatif flou concernant les armes civiles. Avant l'invasion, le Parlement avait voté des propositions de loi sur la possession d'armes, mais celles-ci stagnent actuellement sans avancée.
Des positions politiques divergentes
Igor Fris, l’un des auteurs des propositions législatives, a affirmé que cette tragédie aurait pu être évitée si les civils avaient eu le droit de porter des armes. « Savoir que les citoyens sont armés peut dissuader un criminel de passer à l’acte » a-t-il souligné, bien qu'il ait concédé que ce débat doit tenir compte de l'état émotionnel des Ukrainiens en temps de guerre.
Le ministre de l’Intérieur, Igor Klymenko, a annoncé sa volonté de relancer ce débat législatif, mais il fait face à une opposition croissante. Inna Sovsoun, députée de l’opposition, a exprimé ses doutes sur l’opportunité de libéraliser les armes après un incident où une personne a tiré avec une arme enregistrée. « Faut-il donner des armes à plus de gens comme ça ? » a-t-elle demandé, insistant sur la nécessité d'un environnement sécurisé pour tous, notamment les enfants.







