Le patron de Stellantis Europe, Emanuele Cappellano, a souligné lors d'une conférence que l'Union européenne représente actuellement le marché "le plus difficile" pour les fabricants de voitures. Cet environnement complexe est dû à la diminution des marges liées à l'électrification et à un cadre réglementaire en perpétuelle évolution.
Dans ses déclarations, Cappellano a mis en évidence que "la marge d’un véhicule entièrement électrique est inférieure à celle d’un véhicule à moteur thermique", précisant que l'expansion du marché électrique pourrait paradoxalement réduire la rentabilité globale de l'industrie. Il a également critiqué le manque de clarté dans les réglementations de l'UE, qui ajoutent à l'incertitude des acteurs du secteur.
La situation est préoccupante, surtout pour les petites voitures électriques, dont le coût de production est en forte hausse à cause des exigences réglementaires et des prix des matériaux. "Nous devons nous concentrer sur le soutien à ces segments grâce à une réglementation favorable", a-t-il insisté.
Sur l’horizon 2035, Cappellano s’est montré pessimiste quant au retour de l’industrie automobile à ses niveaux d'activité pré-pandémie, ayant perdu près de 3 millions de véhicules sur le marché. Sur les 60 nouveaux modèles prévus par Stellantis d'ici 2030, seulement 25 seront destinés à l'Europe.
Ce constat fait écho aux récents développements en France, où Emmanuel Macron a annoncé un investissement d'un milliard d'euros pour la production de véhicules électriques, bien que le groupe n'ait pas encore confirmé cette initiative. Les exigences du marché, combinées à la nécessité d'innovation, rendent la situation de plus en plus délicate pour les grands constructeurs.
À l'avenir, il paraît crucial que l'Europe développe des politiques adaptées afin de soutenir la transition vers l'électrique, sinon les consommateurs et l'industrie pourraient subir des conséquences regrettables, comme le souligne l'analyste automobile, Jean Dupont, dans une récente interview avec Le Monde.







