Le gouvernement italien a été condamné par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour avoir omis de conclure un accord juridique avec la "Congrégation chrétienne des Témoins de Jéhovah". Cette décision, rendue le 11 juin, évoque une discrimination grave et atteint le principe de liberté de religion.
Malgré des tentatives depuis 1977, les Témoins de Jéhovah n'ont pu obtenir un accord similaire à ceux signés avec 13 autres cultes entre 1984 et 2021. Comme l’indique Le Monde, leur situation est d'autant plus choquante qu'ils ont reçu des avis favorables de plusieurs conseils des ministres au fil des ans, mais sans concrétisation. Cela les empêche d'accéder à un système de financement public basé sur un prélèvement de 0,8% de l'impôt sur le revenu.
L'interdiction des transfusions sanguines au coeur des débats
La CEDH a affirmé que les Témoins de Jéhovah se trouvent dans une position comparable à d'autres communautés religieuses reconnues, leur refus de réponse entraînant une inégalité de traitement. Le gouvernement a soutenu sa décision en se basant sur l'interdiction faite aux membres de ce mouvement de recevoir des transfusions sanguines. Néanmoins, la Cour a jugé que cette interdiction n’était pas une justification valable pour le traitement inéquitable des Témoins de Jéhovah.
10.000 euros à verser pour dédommagement moral
Les juges de Strasbourg ont ainsi condamné l'Italie à verser 10.000 euros aux Témoins de Jéhovah en compensation pour la discrimination subie. Ce verdict souligne l'importance de l'égalité de traitement entre les différentes confessions religieuses.
Le mouvement, souvent critiqué pour son caractère sectaire, compte environ 252.000 adeptes en Italie parmi 9,2 millions à travers le monde, mais reste rejeté par les grandes Églises du pays, notamment en raison de ses croyances particulières sur la nature du Christ.







