L'Autorité du détroit du Golfe Persique a déclaré, ce jeudi 11 juin, que le détroit d'Ormuz, un couloir crucial pour les exportations d'hydrocarbures, restait fermé "jusqu'à nouvel ordre", en raison des "agressions" américaines dans la région. Cette annonce survient après des frappes ciblées menées par les États-Unis au cours de la nuit.
"En raison des tensions suscitées par les actions hostiles des forces américaines, le détroit d'Ormuz sera fermé jusqu'à nouvel ordre", a précisé un responsable de l'Autorité maritime. Il est important de rappeler que l'Iran avait, depuis le début du conflit le 28 février, restreint l'accès à ce passage mais permettait auparavant le passage quotidien d'environ vingt navires.
Les accusations américaines
Plus tôt dans la journée, l'état-major iranien avait averti que tout navire tentant de traverser le détroit serait pris pour cible. Selon une annonce relayée par l'agence Tasnim, "tout navire passant par le détroit d'Ormuz sera considéré comme une cible", renforçant ainsi la fermeture proclamée.
De son côté, la marine iranienne a rapporté avoir intercepté deux navires qui tentaient de franchir le passage maritime. Ces affirmations ont été rapidement démenties par des sources américaines qui ont assuré que le transport maritime continuait de se dérouler sans entrave.
Les États-Unis, pour leur part, ont mené jeudi matin des frappes aériennes contre des cibles iraniennes sur leur sol, visant des installations militaires jugées stratégiques. Cette escalade des hostilités répond à des accusations de Donald Trump, selon lesquelles Téhéran ne serait pas sincère dans les négociations visant à mettre fin au conflit.
Les experts s'interrogent désormais sur les conséquences d'une fermeture prolongée du détroit d'Ormuz, qui représente environ 20 % des échanges mondiaux de pétrole. Le professeur Jean-Pierre Tanguy de l’Université Paris-Sorbonne a déclaré : "Une telle décision pourrait causer une hausse significative des prix du pétrole et alimenter des tensions encore plus fortes dans la région."
Alors que le conflit semble s'intensifier, la communauté internationale suit de près le développement de cette situation incertaine qui pourrait redéfinir les équilibres géopolitiques au Moyen-Orient.







