La récente décision de Liam Rosenior, ancien entraîneur de Strasbourg, de rejoindre Chelsea, met en lumière une problématique croissante dans le football français : la multipropriété des clubs. En pleine année où les difficultés financières s’accentuent, ce transfert illustre les défis auxquels sont confrontés les fans de clubs gérés par de grands consortiums.
Alors que des clubs tels que Lyon, Nice ou Strasbourg sont désormais des filiales de grands groupes, la colère des supporters s'intensifie. Nombre d'entre eux dénoncent des pratiques qu'ils jugent contraires à l'esprit du football, voyant leur club comme un simple actif au service d'intérêts financiers. En effet, environ 50 % des clubs de Ligue 1 sont englobés dans cette dynamique.
Christophe Lepetit, directeur des études au Centre de droit et d'économie du sport (CDES), explique que les clubs situés dans cette hiérarchie, à l'exception des mastodontes comme le PSG et Monaco, se voient souvent relégués au second plan dans les décisions stratégiques. Cela exacerbe les frustrations parmi les fans, notamment à Strasbourg, qui voient leurs espoirs de maintien fragilisés par des choix qui ne leur appartiennent pas.
Une proposition de loi, portée par le député LFI Eric Coquerel, vise à interdire la multipropriété en France. Selon lui, la situation actuelle menace l'équité sportive. Il craint que des consortiums ne finissent par établir une chaîne de domination qui désavantage les clubs moins puissants.
Du côté des experts, certains voient néanmoins des avantages à ce système. Selon Lepetit, la multipropriété a permis à Strasbourg d'accéder à des talents qu'ils n'auraient probablement pas pu attirer autrement. Cet équilibre précaire entre avantages et inconvénients fait débat.
Les investisseurs, souvent issus de fonds de private equity, privilégient la diversification de leurs actifs, cherchant à maximiser leurs retours sur investissements. Ce modèle, plus soucieux du court terme, dénote une rupture avec la culture traditionnelle du football où des investisseurs s'engageaient sur le long terme, même au prix de pertes financières.
Il est évident que la situation actuelle du football français est cruciale. Avec des clubs comme Strasbourg qui ne peuvent résister à l'attraction d'un club comme Chelsea, la question de l'identité du club et de l'appartenance des supporters devient plus pressante. La multipropriété représente un enjeu central qui mérite une attention accrue tant au niveau législatif que parmi les acteurs du football, comme le souligne le quotidien L'Équipe.







