À peine trois jours après la signature d'un accord commercial controversé entre l'Union européenne et les pays du Mercosur, près de 4 000 agriculteurs européens manifestent leur opposition à Strasbourg. Cette mobilisation, prévue pour le 20 janvier 2026, vise à exercer une pression sur les eurodéputés qui doivent voter sur une éventuelle saisine de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE).
Les agriculteurs, rassemblés par la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), s'inquiètent des conséquences que cet accord pourrait avoir sur leur profession. Selon Hervé Lapie, secrétaire général de la FNSEA, « 600 à 700 tracteurs » sont attendus dans la capitale alsacienne, en provenance de divers pays européens tels que l'Italie, la Belgique et l'Allemagne. Ces manifestations se déroulent à un moment crucial, alors que les parlementaires devront se prononcer sur la compatibilité de l'accord avec les lois de l'UE.
« Nous ne lâcherons pas, » affirment les manifestants, déterminés à faire entendre leur voix face à des préoccupations qui persistent depuis des années. Les agriculteurs estiment que l'accord favorise la concurrence déloyale, notamment en matière de normes sanitaires et environnementales.
La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a déclaré sur TF1 qu’elle « comprend et partage » l’inquiétude des agriculteurs. Elle a souligné l'importance d'informer les consommateurs sur l'origine des produits, notamment pour la viande dans les plats transformés. Les agriculteurs craignent qu'une mise en œuvre rapide de cet accord sans garanties adéquates compromette la qualité de leur production et les expose à une concurrence accrue.
Alors que la manifestation est sur le point de générer des perturbations dans la circulation de la ville, un important dispositif policier est mis en place pour assurer la sécurité autour du Parlement européen. Les agriculteurs espèrent que leur voix sera entendue et que les eurodéputés tiendront compte de leurs préoccupations avant de finaliser la ratification de cet accord.
Cette journée pourrait devenir un tournant dans la lutte des agriculteurs européens pour défendre leurs droits et leur avenir dans un marché de l'agriculture en pleine mutation, selon des experts du domaine agricole.







