L'Union européenne se prépare à une riposte face aux récentes menaces commerciales formulées par Donald Trump, qui a évoqué des droits de douane sur plusieurs pays européens, dont la France. Si ces menaces se concrétisent, Emmanuel Macron envisage de demander l'activation de l'instrument anti-coercition, un mécanisme qui n'a jamais été utilisé depuis sa création.
Adopté en décembre 2023, cet instrument a été conçu pour répondre aux pressions économiques exercées par des pays tiers. Selon le Parlement européen, la coercition peut prendre la forme d'actions économiques visant à influencer les décisions politiques de l'UE ou des États membres. Les menaces pesant sur des nations comme le Danemark, la Norvège ou encore l'Allemagne révèlent l'urgence de la situation.
Les leaders européens, réunis pour un sommet extraordinaire, prévoient d’adopter une position unie. Lars Klingbeil, ministre allemand de l'Économie, a déclaré : "Nous ne nous laisserons pas intimider par le chantage économique." Le sentiment de solidarité semble renforcé après les avertissements de Trump, qui a prévenu que des droits de douane allant jusqu'à 25 % pourraient être imposés dès le mois de juin prochain.
L'activation de cet instrument nécessite une évaluation rigoureuse par la Commission européenne, qui disposera de quatre mois pour examiner la situation. Si la coercition est confirmée, le Conseil de l'UE devra approuver son activation à la majorité qualifiée. Comme le souligne l'expert en affaires internationales, Jacques Lévy, "l'UE doit montrer qu'elle ne cédera pas au chantage et qu'elle est prête à défendre ses intérêts".
Une fois activé, l'instrument anti-coercition vise avant tout à dissuader les pressions économiques. En cas d'échec des négociations, l'UE pourrait également adopter des mesures de rétorsion, touchant divers secteurs, notamment le commerce et les investissements. Pour renforcer sa position, l'UE pourrait envisager un soutien accru à des pays partenaires tels que le Canada et la Nouvelle-Zélande, comme l'a suggéré le ministre français de l'Économie.
Le sujet n'est donc pas seulement une question de droits de douane, mais englobe également des enjeux stratégiques pour l'Union européenne. Alors que la communauté internationale observe la riposte de l'Europe, une question demeure : l'UE sera-t-elle capable de s'unir face à de telles provocations ?







