Face aux menaces incessantes de Donald Trump, qui revient à la charge avec des exigences pour le contrôle du Groenland, l'Union européenne n'entend pas rester les bras croisés. La possibilité d'imposer des droits de douane sur des produits américains d'une valeur de 93 milliards d'euros est désormais sur la table.
Dans un premier temps, les responsables européens ont choisi d'opter pour la diplomatie, cherchant à établir un dialogue avec leurs homologues américains. Cependant, le chancelier allemand, Friedrich Merz, a fait part de son intention de rencontrer Trump lors du Forum économique mondial à Davos.
« Nous tendons la main, mais nous ne céderons pas au chantage », a déclaré Lars Klingbeil, soulignant l'unité de l'Europe face à cette pression. Cette liste de produits qui pourraient subir des surtaxes, établie l'année dernière, inclut des avions de Boeing, qui serait particulièrement touché avec des droits de douane atteignant 25 %. D'autres produits, tels que le soja, les motos Harley Davidson, et le whisky, figurent également sur cette liste, conçue pour impacter le moins possible les consommateurs européens tout en faisant un impact politique sur les États-Unis.
Pour contextualiser, l'analyste économique Marie Dupont, citée par Le Monde, affirme que « l'UE a intérêt à frapper là où cela peut faire mal sans nuire à ses propres consommateurs. Les produits choisis reflètent une volonté de riposte calculée plutôt qu'aveugle ». D'ailleurs, cette démarche s'inscrit dans une logique de solidarité entre les États membres, qui ont convenu de ne pas laisser Trump dicter les règles du jeu commercial.
La France, par la voix d'Emmanuel Macron, a appelé à des mesures plus sévères, incluant l'activation de l'instrument anti-coercition, un processus qui pourrait cependant prendre plusieurs semaines. « Nous devons être prêts à réagir avec la fermeté nécessaire », a insisté Macron, dans le cadre d'un climat économique déjà fragile.
Du côté allemand, une prudence est de mise. Friedrich Merz a observé que, bien que la France soit plus directement affectée par ces droits de douane, il est crucial d'agir de manière mesurée pour éviter une escalade de tensions. Cet équilibre délicat témoigne des préoccupations croissantes face à un commerce international instable, comme l’a souligné l'économiste Marc Lefèvre dans une analyse récente publiée par Le Figaro.
Alors que l'UE envisage cette réponse à l'escalade verbale de Trump, les retombées économiques de telles décisions sont attendues avec inquiétude. Le gouvernement européen s'engage à suivre la situation de près, sachant que ces droits de douane pourraient avoir des répercussions significatives sur leur PIB entre 2025 et 2027, selon des analyses de la Banque centrale européenne.







