Paris (France) – Des investigations récemment menées par l'Inspection générale de la justice (IGJ) ont révélé des manquements frappants concernant Dominique Pelicot, dont l'ADN, prélevé en 2010 et associé à une affaire de viol, n’a pas été exploité pendant une période alarmante de douze ans. Selon des sources proches du dossier, les dysfonctionnements sont survenus lors du procès du septuagénaire, condamné en décembre 2024 à vingt ans de réclusion pour avoir drogué et violé sa femme, Gisèle, tout en l'exposant à des inconnus dans leur domicile de Mazan (Vaucluse) entre 2011 et 2020.
Pelicot avait été interpellé en 2010 pour avoir filmé sous les jupes de femmes dans un centre commercial de la banlieue parisienne, où son ADN avait alors été prélevé. Quelques mois plus tard, il fut lié à une procédure pour tentative de viol datant de 1999 à Villeparisis, en Seine-et-Marne. Pourtant, rien n'a été fait pendant plus d'une décennie pour exploiter ces précieuses preuves ADN, un silence contraire aux attentes de nombreux experts en criminologie.
Ce n'est qu'en octobre 2022 que Pelicot fut mis en examen par un juge d'instruction du pôle cold cases, non seulement pour la tentative de viol de 1999, mais aussi pour un autre crime lié à un viol suivi de meurtre d'une femme à Paris en 1991. Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a fait appel à l'IGJ en mai 2025 pour déterminer les raisons de cette inaction prolongée.
Le rapport de l'IGJ souligne que les preuves de correspondance ADN n'ont pas été correctement réceptionnées par le tribunal de Meaux. Les enquêteurs de l'IGJ concluent que bien qu'une communication ait été faite au tribunal, il n'existe pas de preuve formelle de sa bonne réception, ajoutant que beaucoup de ces rapports sont souvent envoyés par courrier simple, ce qui complique leur traçabilité. D'autres experts en droit notent que les erreurs de traitement du courrier sont relativement rares, mais que les conséquences peuvent être catastrophiques. "Ces échecs créent des brèches dans le système judiciaire qui pourraient permettre à des délinquants de demeurer impunis," a déclaré l’un d’entre eux, s'exprimant sous couvert d'anonymat.
Le rapport souligne également des dysfonctionnements généralisés dans le traitement des empreintes génétiques, émettant sept recommandations pour sécuriser la réception des rapports émanant du Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG). En réponse, l'avocate de Pelicot, Me Béatrice Zavarro, s’est dite désolée que "l’œuvre de justice ait été autant malmenée". Elle a ajouté que les laps de temps critiques illustrent la nécessité d'une réforme du système judiciaire.
Les similitudes entre les affaires de Pelicot et d'autres viols précédents, comme celui de Sophie Narme en 1991, interpellent et suscitent des interrogations sur la sécurité des victimes potentielles. Narme, âgée de 23 ans, avait également été victime d'un meurtre après avoir été violée dans un appartement à Paris. Les méthodes utilisées dans ces crimes soulèvent un débat sur l'efficacité des enquêtes menées par la police et les systèmes judiciaires à travers le pays.
En conclusion, cette affaire souligne l'urgence de réformer le système judiciaire français rapidement. La communauté juriste et le public attendent des réponses et des actions concrètes pour éviter de futurs manquements de cette nature.







