Hanoï (Vietnam) – Le congrès quinquennal du Parti communiste vietnamien a commencé à Hanoï, où le secrétaire général To Lam s’efforce de solidifier son autorité, moins de deux ans après son arrivée à la tête du parti.
Plus de 1.500 délégués, représentants des cinq millions de membres du parti unique, se sont réunis pour rendre hommage à Hô Chi Minh devant son mausolée. L'ouverture officielle, diffusée en direct, a été l’occasion pour To Lam de prononcer un discours capital pour l'avenir politique du pays.
Avec une population de 100 millions d'habitants, le Vietnam se présente comme un état autoritaire en pleine expansion économique, visant une croissance de 8% d'ici 2025. Depuis son ascension, To Lam a mis en œuvre une campagne anticorruption rigoureuse, promulguant des réformes administratives et stimulant les investissements dans les infrastructures, des changements jugés nécessaires par des analystes comme le professeur Nguyen Minh Chau, interrogé par Le Monde.
Les sources au sein du Parti communiste suggèrent que To Lam conservera son poste de secrétaire général à l'issue de ce congrès, qui se poursuivra jusqu'à dimanche. Toutefois, ses aspirations à la présidence du pays, à l'image de Xi Jinping en Chine, ajoutent une complexité à son leadership. Selon des experts, la direction de To Lam dépendra des résultats des élections des autres membres clés du politburo, notamment au sein de la faction militaire conservatrice qui remet en question ses réformes.
Un proche des débats internes a indiqué que les ambitions de To Lam avaient reçu un soutien temporaire, bien qu'il lui faille peut-être renoncer à sa quête présidentielle pour obtenir l'appui nécessaire à son agenda réformateur. Ce choix pourrait faire de lui le premier à occuper simultanément les deux postes les plus élevés du Vietnam, une situation inédite, sauf lors d’un décès. Le politologue François Dupont, de l’Université de Hanoï, constate que cette évolution pourrait transformer les relations de pouvoir au sein du pays.
Les événements du congrès auront des implications significatives non seulement pour le Vietnam, mais aussi pour sa place sur la scène internationale. L'issue de cette rencontre pourrait bien redéfinir les relations du pays avec ses partenaires économiques et politiques dans un contexte mondial en constante évolution.







