En une décision audacieuse, le Premier ministre Sébastien Lecornu a déclenché pour la première fois l'application de l'article 49.3 de la Constitution sur la partie recettes du budget 2026. Cette manœuvre, qui permet d’adopter un texte sans vote, a été justifiée par Lecornu par l'incapacité du Parlement à « prendre sa responsabilité » face aux dissensions croissantes parmi les groupes politiques. Il a ajouté, avec une pointe de regret, que des « agissements » empêchent un véritable débat démocratique.
Cette décision, bien que technique, revêt une forte valeur politique, exposant le gouvernement à des motions de censure, en particulier de la part de La France Insoumise (LFI), qui a rapidement annoncé sa contestation, tout comme le Rassemblement National (RN). Un accord de non-censure a été signé avec le Parti Socialiste, permettant de favoriser une certaine stabilité. Olivier Faure, le secrétaire du PS, a partagé que son parti ne voterait pas la censure, renforçant ainsi la position du gouvernement.
Malgré tout, cette utilisation du 49.3 ne fait pas l’unanimité et pourrait avoir des répercussions sur l’image du gouvernement et sa capacité à gouverner. Selon des experts interrogés, cette stratégie pourrait être interprétée comme un manque de confiance en la majorité parlementaire. Le politologue Thomas Guénolé souligne que « le recours à cet article est souvent perçu comme un aveu de faiblesse, un moyen d'éviter un débat jugé trop risqué ».
La tension monte dans l’hémicycle, reflétant un climat politique en pleine agitation. Les mots de Lecornu s’annoncent comme un tournant dans la relation entre le gouvernement et les représentants du peuple, alors que les frondes ne faiblissent pas et que la recherche de consensus devient plus cruciale que jamais dans ce contexte pré-électoral.







