Après avoir prôné une "désescalade", Donald Trump a intensifié ses critiques envers le maire de Minneapolis, où deux policiers ont été provisoirement suspendus suite à la mort tragique d'Alex Pretti, 37 ans, abattu par des agents de la police aux frontières (CBP) ce samedi. La ville du nord des États-Unis est encore sous le choc de cet événement, qui fait suite à une autre tragédie, celle de Renee Good, tuée en janvier par la police de l'immigration (ICE).
Les autorités responsables ont confirmé que la suspension des deux agents, impliqués dans l'incident, était une procédure standard. D'après le New York Times, ces policiers avaient tiré dix balles en direction de la victime, alors qu'ils tentaient de la maîtriser au sol.
Alors que Trump prônait une "petite désescalade" la veille, il n'a pas hésité à critiquer le maire Jacob Frey, l'accusant de ne pas appliquer les lois fédérales sur l'immigration. Sur sa plateforme, Truth Social, il a déclaré : "Est-ce que quelqu'un pourrait lui expliquer que sa déclaration est une violation grave de la loi ? Il joue avec le feu !" Pourtant, Frey a rétorqué sur X que la mission de la police locale est d’assurer la sécurité de la communauté, plutôt que de faire respecter des lois fédérales. Cette prise de position a soulevé des réactions de la part des alliés de Washington, jusque-là préoccupés par la montée de la violence aux États-Unis.
Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, s'est déclaré inquiet face à la situation, tandis que le chancelier allemand Friedrich Merz a qualifié le niveau de violence de "préoccupant". De son côté, Paul Coakley, président de la Conférence des évêques américains, a dénoncé un "climat de peur et de polarisation" qui nuit à la dignité humaine.
La représentant démocrate Ilhan Omar a également été une cible, subissant une agression lors d'une réunion publique, où un individu a tenté de l'attaquer avec une seringue, avant d'être maîtrisé. Le FBI a ouvert une enquête sur cette affaire, l'assaillant étant identifié comme un habitant de Minneapolis.
Interrogé par ABC News sur l'incident, Trump a insinué qu'il pourrait s'agir d'un coup monté par Omar. Malgré cette agression, l'élue a poursuivi son discours en demandant l'abolition de la police de l'immigration et la démission de Kristi Noem, ministre de la Sécurité intérieure.
Les tensions se sont exacerbées suite aux déclarations de Trump après avoir désigné Alex Pretti comme un "assassin potentiel". Stephen Miller, conseiller présidentiel, a également évoqué des investigations sur le protocole suivi par les agents du CBP. Des vidéos diffusées par l'AFP et d'autres médias semblent contredire l'affirmation selon laquelle Pretti menaçait les forces de l'ordre.
Actuellement, Tom Homan, représentant présidentiel, coordonne les actions contre les migrants à Minneapolis, après le départ de Greg Bovino, le chef de la police aux frontières. La communauté, quant à elle, s'organise face à l'angoisse croissante des raids policiers. Dylan Alverson, propriétaire d’un café, témoigne : "Ça a bouleversé nos vies. Les crimes que nous endurons semblent avoir atteint un niveau sans précédent." Sa solidarité se manifeste à travers des repas gratuits offerts aux nécessiteux.







