Le cyberharcèlement, combiné aux menaces de mort, à l'homophobie et aux insultes, fait l'objet d'une enquête approfondie au journal de 20 heures. Nos élus locaux, tels que les maires, se retrouvent désormais dans la ligne de mire de la violence numérique.
Ce contenu est tiré d'un reportage diffusé. Pour le visionner, cliquez ici.
À seulement 28 ans, Abdoulbar Djaffar aspire à devenir maire de Créteil, une ville de 93 000 habitants. Pour soutenir sa campagne, il s'active à la fois sur le terrain et sur les réseaux sociaux. "Les réseaux sociaux sont cruciaux pour partager notre vision et notre programme," confie-t-il. Cependant, sa présence en ligne ne s'est pas faite sans contrepartie.
Il témoigne de l'angoisse que lui causent des centaines de commentaires haineux, souvent racistes, qui inondent ses publications. "Quand je consulte mes réactions après une publication, je suis parfois confronté à une trentaine ou plus de messages malveillants. C'est d'une violence inouïe, et en tant qu'être humain, cela me touche profondément," exprime-t-il.
Racisme et homophobie à l'œuvre
Les attaques ne montrent pas de signe de ralentissement. en Alsace, Bruno Eyder-Guiot, maire d'Altorf, un village de 1 400 habitants, a récemment été victime d'une campagne d'insultes le visant sur son homosexualité. Pour répondre, il a décidé de créer une vidéo dans laquelle il condamne ces propos. Le médiatique L'Alsace rapporte que son message a été largement partagé, mais a également entraîné une surcharge de commentaires vitrioliques, dont un mail suggérant l’apocalypse pour les membres de la communauté LGBT. "J'espérais sensibiliser les gens à l'importance de dénoncer ce que j'ai subi, mais je ne m'attendais pas à une telle réaction," a-t-il déclaré.
Démarches judiciaires nécessaires
Face à cette épreuve, Bruno Eyder-Guiot a mis en œuvre une démarche judiciaire en portant plainte contre l'auteur d'un message particulièrement violent. De son côté, Benoît Payan, maire de Marseille, également la cible de menaces après son apparition dans un festival, adopte une approche similaire. "J'évalue toujours la menace et n'hésite pas à déposer plainte. Cela a démontré son efficacité avec des interpellations et des dates de procès qui suivent," affirme-t-il.
En 2024, 2 500 plaintes ont été déposées en France pour des incidents de violence ou d'incivilité visant des élus. Les maires représentent plus de 80 % des victimes dans ces cas.
Pour consulter plusieurs rapports, y compris le document de Calae, qui analyse le cyberharcèlement envers les élus, suivez ce lien.
Pour suivre les candidats déclarés aux prochaines élections municipales:
- Créteil : Abdoulbar Djaffar (La France Insoumise), Laurent Cathala (Parti Socialiste).
- Altorf : Bruno Eyder-Guiot (sans étiquette).
- Marseille : Benoît Payan (Union de la gauche), Martine Vassal (Union de la droite et du centre).
Liste non exhaustive.







