Lors du procès en cours à Los Angeles, Adam Mosseri, le dirigeant d'Instagram, a exprimé sa position contre l'idée d'une "addiction clinique" aux plateformes sociales, se concentrant plutôt sur le concept d'"utilisation problématique". Cette déclaration a eu lieu mercredi, au troisième jour d'audiences impliquant Google et Meta.
"Il est crucial de faire la distinction entre l'addiction clinique et une utilisation problématique," a déclaré Mosseri en réponse à l'avocat Mark Lanier, qui représentait une plaignante dont le cas soulève des questions de responsabilité quant à la conception des plateformes.
Le tribunal doit établir si Google et Meta ont délibérément conçu leurs applications pour encourager un usage excessif, particulièrement chez les jeunes. Ce procès, portant sur le cas de Kaley G.M, 20 ans, utilise son expérience personnelle pour explorer l'impact des réseaux sociaux.
Les implications de ce procès s'étendent à de nombreuses autres actions en justice similaires aux États-Unis, marquant un moment charnière pour la responsabilité des entreprises technologiques.
Adam Mosseri a reconnu que, dans des contextes informels, il avait qualifié son utilisation de vidéos en streaming de "dépendance". Cependant, il a nuancé son propos : "Je ne pense pas que cela corresponde à une addiction clinique". En réponse, Lanier a souligné que Mosseri ne possédait pas de qualifications médicales pour faire de telles affirmations.
Le dirigeant a aussi abordé la philosophie de Meta, affirmant que la sécurité des utilisateurs était une priorité. Il a précisé que, selon lui, le bien-être des utilisateurs pouvait également avoir des retombées positives sur les profits de l'entreprise, en précisant : "Prendre des décisions bénéfiques pour l'entreprise à court terme, au détriment des utilisateurs, peut à long terme nuire à nos affaires".
L'audition de Mosseri précède celle de Mark Zuckerberg, le PDG de Meta, qui est attendue le 18 février, créant une anticipation autour de son témoignage.
Le procès se concentre principalement sur les algorithmes et les fonctionnalités des plateformes, accusés d'encourager un visionnage compulsif et non pas sur le contenu en lui-même. La question de la responsabilité légale des entreprises face à la santé mentale des utilisateurs reste un sujet de débat intense.
Lors de l'audience précédant ce témoignage, la psychiatre Anna Lembke de l'université de Stanford a exprimé son opinion sur l'usage des réseaux sociaux, qu'elle considère dans un cadre plus large de dépendance. En revanche, l'avocat de YouTube a insisté sur le fait que leur plateforme n'aspire pas à créer une dépendance et ne doit pas être perçue comme un réseau social au sens traditionnel.
Le procès a commencé avec la sélection du jury le 27 janvier et est prévu jusqu'au 20 mars, avec d'autres procédures similaires attendues par la suite. Au Nouveau-Mexique, un procès distinct contre Meta a débuté, axé sur la protection des mineurs.







