Paris (AFP) – La Bourse de Paris a empiriquement poursuivi sa tendance baissière mercredi, enregistrant une légère baisse de 0,18%. L’indice phare, le CAC 40, a clôturé à 8.313,24 points, en recul de 14,64 points, après avoir légèrement progressé la veille.
Le géant des logiciels, Dassault Systèmes, s'est retrouvé sous les feux des projecteurs de manière inattendue, enregistrant une dégringolade de 20,81% à 17,77 euros, une première dans son histoire boursière depuis son entrée sur le marché en 1996. Ce plongeon a engendré une perte colossale de plus de 6 milliards d'euros en capitalisation boursière, consécutive à l'annonce de ses résultats annuels.
Pour l'exercice 2025, Dassault Systèmes a affiché un chiffre d’affaires de 6,2 milliards d'euros et un résultat net de 1,2 milliard d'euros. Toutefois, les analystes de Jefferies ont signalé une "croissance du chiffre d’affaires au quatrième trimestre de seulement 1%", bien en deçà des attentes du marché. Cette prudence, notamment concernant ses prévisions pour 2026, a douché l'enthousiasme des investisseurs.
Les prévisions pour 2026 tablent sur une croissance de chiffre d'affaires située entre 6,2 et 6,4 milliards d'euros, avec une expansion estimée entre 1% et 3%. La marge opérationnelle prévue est de 32,2% à 32,6%. Cette attitude jugée trop conservatrice a suscité des interrogations parmi les investisseurs, qui sont en quête de dynamisme dans un marché en mutation rapide, surtout avec la montée de l'intelligence artificielle.
Outre Dassault Systèmes, d'autres poids lourds du secteur technologique français ont également souffert. Publicis, troisième société mondiale en communication, a reculé de 8,69% à 72,88 euros. Capgemini et Atos ont également connu des baisses significatives, respectivement de 8,19% et 4,35%. Le géant des centres d'appels, Teleperformance, a vu son action chuter de 6,05% à 50,90 euros.
Sur le front macroéconomique, les investisseurs ont tourné leur attention vers le rapport sur l'emploi aux États-Unis en janvier, qui a surpris positivement, avec 130.000 créations d'emplois. Ce chiffre dépasse largement les prévisions, ce qui a engendré une certaine soutenabilité de l'optimisme sur les marchés, comme l'explique Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier AM.
"Les marchés montrent des mouvements limités, balançant entre des bénéfices en hausse et des inquiétudes sur les taux", a-t-il ajouté. Kathleen Brooks, directrice de la recherche économique chez XTB, souligne que l'attente de baisses de taux de la Fed a été repoussée, modifiant ainsi le calendrier du marché.
D'un autre côté, TotalEnergies a fait bonne figure, avec une hausse de 2,74% à 64,22 euros après avoir présenté des résultats du quatrième trimestre jugés conformes aux attentes par les analystes d'Oddo BhF. Bien que la société ait constaté une baisse de 17% de son bénéfice net en 2025, les performances dans les secteurs du raffinage et de la chimie restent positives, montrant ainsi une résilience face à la volatilité des prix du pétrole.







