Le budget de la région Occitanie subit une réduction significative de 144 millions d'euros de la part de l'État, impactant ses finances de manière considérable. Malgré cette situation, Carole Delga, la présidente de la région, reste déterminée à maintenir ses priorités pour 2026, axées sur les transports, l’éducation et l’emploi.
La présidente de la région Occitanie/Pyrénées-Méditerranée ne s’attendait pas à un tel élagage de son budget. Pour cette année, les contributions de l'État vont diminuer, passant de 108 millions d'euros comme annoncé à 144 millions. L'Occitanie, particulièrement touchée, appartient aux régions les plus défavorisées en termes de revenu par habitant, selon le gouvernement. "Ramenée au nombre d'habitants, l’Occitanie est l’une des plus affectées, juste après les Hauts-de-France et la Normandie", a déclaré Carole Delga, dénonçant un "choix injuste". Face à cette rupture d’équité territoriale, elle a cosigné avec quatorze autres présidents de région un courrier adressé au Premier ministre le 4 février pour alerter sur les conséquences de cette situation sur les services publics locaux, comme l’a rapporté France 3.
Priorité au transport, à l’éducation et à l’emploi
Malgré un contexte difficile, Carole Delga réussit néanmoins à finaliser le budget pour 2026, qui atteindra un montant global de 3,54 milliards d’euros. Ce dernier sera soumis au vote des 158 conseillers régionaux lors de l’assemblée plénière prévue ce jeudi 12 février à Pérols (Hérault).
Le premier axe des dépenses sera le secteur des transports, avec un budget de 1,2 milliard d’euros destiné à favoriser les déplacements décarbonés. La région financera, par exemple, 18 nouvelles rames TER à partir d'octobre 2026 et continuera ses importants projets ferroviaires, tels que la Ligne Nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP) et la Ligne Nouvelle du Sud-Ouest (LNSO). Ce budget permettra aussi d’offrir une politique tarifaire unique en France, incluant la gratuité des trains et cars liO pour les jeunes et 14 millions de billets de train à 1 euro.
En matière d’éducation et de jeunesse, près de 335 millions d'euros seront réservés, afin de maintenir le statut de l'Occitanie comme la région offrant la "rentrée la moins chère de France" pour les lycéens. Cela inclut des économies moyennes de 800 euros par élève, tout en continuant de proposer la gratuité des manuels, des transports scolaires et des ordinateurs portables sous le programme "loRdi". Le budget permettra aussi de construire de nouveaux lycées.
Le soutien à l’économie, la réindustrialisation, l'emploi et la formation professionnelle bénéficieront également de 335 millions d'euros. Ce montant permettra d'accompagner près de 5 000 entreprises pour créer ou préserver 50 000 emplois dans la région cette année. La région prévoit également d’investir dans la formation pour 22 000 personnes dans leurs projets professionnels, tout en s'engageant dans la souveraineté industrielle, notamment via des participations au sein d’entreprises grâce au Fonds souverain régional.
Lutter contre les déserts médicaux et soutenir les agriculteurs
Le budget 2026 de l’Occitanie inclura aussi des financements importants pour l’agriculture (139 millions d'euros) et la santé (129 millions d'euros), deux piliers essentiels de la politique locale. La région continuera d'investir pour lutter contre les déserts médicaux, avec le recrutement de nouveaux médecins et l’ouverture de centres de santé, notamment à Montesquieu-Volvestre et Puy-l’Évêque. Concernant les agriculteurs et viticulteurs, la région envisage de soutenir 5 000 d'entre eux dans leurs projets d'installation et d'investissement.
Pour réaliser ces ambitions malgré les coupes imposées par l'État, Carole Delga s'appuie sur une gestion rigoureuse. Les dépenses de fonctionnement seront limitées et une rationalisation administrative est en cours, avec la réduction du nombre de grandes agences régionales.







