Éric Bothorel, député des Côtes-d’Armor et actif critique des dérives du réseau social X (anciennement Twitter), a récemment annoncé qu'il n'était plus le bienvenu aux États-Unis. En janvier 2025, il avait porté plainte contre ce réseau social, qui appartient à Elon Musk, afin de dénoncer ses problèmes de désinformation et de comportement nuisible. Malheureusement, cette démarche a provoqué des répercussions inattendues.
La Maison Blanche a désormais une liste croissante de personnalités françaises interdites d'entrée sur le territoire américain. Après le juge Nicolas Guillou et l'ex-commissaire européen Thierry Breton, c'est au tour d'Éric Bothorel, membre du groupe Ensemble pour la République, de rejoindre cette liste. Ce dernier a confirmé l'information initialement révélée par Le Canard Enchaîné.
Déterminé à défendre ses valeurs, Bothorel s’apprêtait à se rendre à Washington prochainement dans le cadre d’une mission parlementaire, visant notamment à aborder des sujets liés à la sécurité numérique et aux droits des utilisateurs sur les grandes plateformes sociales.
À la suite de cette déjection, plusieurs experts en politiques numériques ont réagi, affirmant que de telles actions pourraient créer un climat de peur parmi les élus qui cherchent à s'attaquer aux dérives des géants technologiques. Jean-Marie Chavigné, professeur en communication à l’Université de Rennes, a déclaré : « Cette situation n'est pas isolée ; elle soulève des questions cruciales sur la liberté d'expression et l'accès à l'information. »
Les répercussions de cette interdiction pourraient s'étendre au-delà de la vie politique. Elle interpelle également l'ensemble des acteurs impliqués dans la régulation des réseaux sociaux. Sylvie Mérault, analyste en stratégies numériques, ajoute : « Cela pourrait décourager d'autres parlementaires d'intervenir contre de puissantes entreprises américaines, de peur d'être sanctionnés à leur tour. »
L'interdiction de voyage disruptée par Bothorel est un exemple flagrant de la tension entre législation nationale et influence des entreprises technologiques. Cette affaire attire l'attention sur le besoin d'un débat plus large concernant le contrôle et l'éthique des réseaux sociaux et pourrait marquer un tournant dans la relation entre la France et les géants du numérique.







