À peine sorti de la séquence budgétaire, Sébastien Lecornu se retrouve face à un remaniement gouvernemental délicat, exacerbé par la nomination d'Amélie de Montchalin à la Cour des comptes, ainsi que les départs inévitables liés aux élections municipales. Des tensions importantes, notamment avec Rachida Dati, et des choix cruciaux au ministère de la Culture mettent l'exécutif en situation de haut risque, d'autant plus que la période de réserve électorale approche à grands pas, prévue pour le 22 février...
Sébastien Lecornu, qui espérait comme il l'a exprimé dans une interview à La Dépêche lancer de nouveaux chantiers, doit dorénavant composer avec un ajustement gouvernemental devenu une véritable énigme. La désignation rapide d'un successeur pour le ministère des Comptes publics, l'un des plus sensibles, s'avère urgente.
Alors que le Budget 2027 est déjà en préparation à Bercy, aucun nom n'émerge pour remplacer Montchalin. L'exécutif est dans l'obligation de choisir un profil alliant compétences techniques et politiques, dans un contexte où l'élection présidentielle de l'automne prochain risque d'agiter le débat parlementaire.
Des tensions avec Rachida Dati
Le scénario est encore compliqué par le départ imminent de Rachida Dati, dont les relations avec Lecornu se sont nettement dégradées. Candidate LR à la mairie de Paris, elle a souhaité maîtriser le moment de son départ, mais le Premier ministre l'a pressée de quitter le gouvernement. Selon Le Canard Enchaîné, sa réaction à cette pression a été vive : « Je ne suis pas ta boniche », aurait-elle rétorqué, en difficulté dans les sondages.
Catherine Pégard en tête à la Culture
D'autre part, sur le terrain culturel, Catherine Pégard, actuelle conseillère culture à l'Élysée et ancienne présidente du Château de Versailles, est perçue comme la favorite pour le ministère de la Culture. Son expertise et la confiance que lui accorde Emmanuel Macron pèsent en sa faveur. Aurore Bergé, l'actuelle ministre déléguée à l'Égalité entre les femmes et les hommes, voit aussi sa candidature soutenue par ses efforts en matière de réforme de l'audiovisuel public. Philippe Belaval, ancien conseiller à l'Élysée, pourrait également entrer dans la danse.
Par ailleurs, le départ de Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre déléguée chargée de l'Autonomie, pour éviter une législative partielle, ajoute une couche de complexité à cette situation déjà tendue. Son départ a entraîné le report du plan « grand âge », une priorité du gouvernement.
Des règles flexibles
Si les départs de Dati et de Parmentier-Lecocq sont liés à des impératifs électoraux, certains ministres, comme Marina Ferrari et Michel Fournier, semblent faire abstraction de cette règle. Le cas de Gérald Darmanin, qui multiplie les déclarations sur la primaire du bloc central tout en restant au ministère de la Justice, souligne aussi ces exceptions. Remplacer un ministre de son envergure pourrait augmenter la complexité des décisions à venir, à l'aube de la formation d'un nouveau gouvernement Lecornu.







