Le 8 juillet dernier, la loi Duplomb a été adoptée en partie, visant à alléger les règlements pesant sur les agriculteurs. Néanmoins, cette initiative a suscité une forte désapprobation du public, qui l'accuse de compromettre la santé et la biodiversité.
En été dernier, une pétition contre cette loi avait fait parler d'elle, recueillant plus de deux millions de signatures, un véritable exploit. Certaines propositions ont été annulées par le Conseil constitutionnel en raison de leur forme.
Une nouvelle version qui relance la polémique
Le sénateur Laurent Duplomb ne se décourage pas. Au début de février, il a soumis une nouvelle proposition de loi incluant des mesures précédemment annulées pour des raisons de forme, incluant celles relatives aux néonicotinoïdes, des substances utilisées dans la culture de la betterave sucrière.
Face à cette nouvelle mouture, une seconde pétition a émergé, dénonçant ce retour en arrière.
Deux pesticides dans le viseur
La loi Duplomb pourrait réintroduire deux pesticides controversés, l'acétamipride et le flupyradifurone. Cette perspective alarme les groupes écologiques, engagés dans la défense de l'environnement.
Martine Marchal-Minazzi, membre de l'association Alsace Nature et signataire de deux pétitions, a exprimé ses préoccupations : "Ces pesticides nuisent aux abeilles, essentielles à la production agricole. De plus, des résidus ont été détectés dans les cerveaux d'enfants et même dans des fœtus." Elle souligne que des solutions alternatives existent, mais qu'elles ne sont pas suffisamment mises en avant auprès des agriculteurs.
Des agriculteurs inquiets pour leur survie économique
À l'opposé, la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles du Bas-Rhin se montre favorable à la nouvelle loi Duplomb. Laurent Fischer, agriculteur et secrétaire général de cette fédération, s'exprime : "Nous sommes actuellement le seul pays de l'Union européenne à avoir prohibé ces pesticides, créant ainsi une distorsion de la concurrence. Les betteraviers souffrent, et plusieurs ont même fait faillite depuis l'interdiction en 2016."
La pétition contre cette loi a déjà réuni plus de 70 000 signatures, et ce chiffre continue d'augmenter.







