La question de la réforme des retraites a ressurgi dans le débat public. Lors d'une déclaration le 12 juillet, le Président a décidé de différer ce sujet jusqu'à après la crise sanitaire. Nous avons recueilli l'avis de Frédéric Sève, responsable des retraites à la CFDT.
Une réforme indispensable mais réfléchie
Frédéric Sève affirme qu'une réforme est nécessaire, mais cela dépend de sa nature. Une réforme visant à instaurer un système plus équitable et solidaire est primordiale. Il est essentiel de réviser ce chantier, car la perception d'injustice menace le principe fondamental de la retraite par répartition : les efforts doivent être équilibrés entre les travailleurs et les retraités.
Un projet à long terme
Pour Sève, il n'y a pas d'urgence immédiate. Le chantier de réforme a été amorcé avec les travaux de Jean-Paul Delevoye en 2018, mais le Président Macron lui-même reconnaît qu'une poursuite de la réforme dans sa forme actuelle est impossible. Au lieu d'une loi globale, pourquoi ne pas envisager une approche progressive ? Cela a déjà été effectué avec la convergence des régimes, et l'accent peut être mis sur des sujets transversaux, comme les droits non contributifs qui doivent être harmonisés.
Déplacement de l'âge de la retraite, une solution viable ?
Frédéric Sève rejette l'idée de retarder l'âge de départ à la retraite comme première mesure. Selon lui, cela relève d'un simple ajustement et non d'une véritable réforme. Bien que des économies puissent être réalisées, le besoin d'un changement réel est inéluctable. L'âge moyen de départ a effectivement augmenté et le Conseil d'Orientation des Retraites prévoit que, si la tendance actuelle perdure, nous pourrions voir un départ à 64 ans d'ici 2035. Toutefois, il est crucial d'éviter des changements trop brusques qui pourraient générer des conséquences indésirables. Sur les 700,000 personnes qui prennent leur retraite chaque année, près de la moitié ne sont pas en emploi, ce qui soulève la question d'un transfert de charges des retraites vers le secteur de la santé ou du chômage. En somme, travailler quelques années de plus pourrait accroître les droits à la retraite, mais risque aussi d’engendrer des répercussions économiques à long terme.







