Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a exprimé mercredi son profond choc et son indignation suite aux allégations contre Fabrice Aidan, diplomate français désormais en lumière grâce aux révélations liées à l'affaire Epstein.
« En apprenant ces informations, j'ai été véritablement bouleversé. J'ai agi comme tout citoyen responsable le ferait », a-t-il déclaré sur RTL, précisant qu'il a immédiatement rapporté les faits à la justice tout en initiant une enquête administrative et disciplinaire.
Barrot a affirmé avoir pris connaissance de cette situation troublante qu'il trouve personnellement révoltante uniquement mardi. Les accusations qui pèsent sur Aidan sont d'une extrême gravité, selon lui.
Le ministre a toutefois tenu à assurer que ces événements ne doivent pas ternir l'image de l'ensemble des agents du ministère des Affaires étrangères. Il a même évoqué la possibilité, sans pour autant l'affirmer, que d'autres diplomates français puissent également être mêlés dans cette affaire.
Fabrice Aidan est, pour l'heure, « secrétaire des Affaires étrangères principal en disponibilité pour convenances personnelles ». L'homme, qui était en fonction chez Engie, a été suspendu par le groupe suite à ces révélations, a précisé une source à l'AFP.
D'après les documents divulgués, Aidan aurait échangé de nombreux courriels avec Jeffrey Epstein, homme d’affaires controversé et condamné pour des délits sexuels, décédé en détention en 2019.
Les enquêtes menées par Mediapart et Radio France indiquent qu'Aidan aurait fourni à Epstein des informations diplomatiques et des accès à ses réseaux internationaux.
Les premiers contacts connus entre les deux hommes datent de 2010, période durant laquelle Aidan était détaché auprès des Nations Unies, travaillant aux côtés du diplomate norvégien Terje Rød-Larsen, lui-même sous enquête en Norvège pour corruption liée à Epstein.
Ces révélations suscitent de « graves soupçons » concernant non seulement des comportements individuels répréhensibles, mais aussi des possibles interférences dans des affaires politiques en Europe, notamment en France, a souligné Barrot sur RTL.
« Ces documents doivent être traités par la justice, plutôt que relayés sur les réseaux sociaux », a-t-il insisté.
Un rapport de Mediapart souligne qu'en 2013, le FBI avait prévenu l'ONU d'une enquête potentiel impliquant Aidan à New York sur des consultations de contenus illégaux, mais aucune accusation n’ayant abouti, aucune sanction n’avait été prise en France à l’époque.
Sur ce point, Jean-Noël Barrot n’a pas souhaité commenter davantage lors de son intervention sur RTL.







