Deux jeunes hommes, alors mineurs, ont été condamnés le mercredi 11 février par le tribunal pour enfants de Créteil à une peine maximale de dix ans de réclusion pour le viol en réunion de Milly, une adolescente de 18 ans à l'époque des faits. Un troisième individu a écopé de six ans pour complicité, selon des informations obtenues par l'Agence France-Presse (AFP) via les avocats des deux parties.
Ce jugement a été rendu après une audience à huis clos, et les condamnés envisagent de faire appel, a indiqué l'un de leurs avocats, Mᵉ Clément Abitbol. Les avocats des parties civiles, Mᵉ Irina Kratz et Mᵉ Antoine Ory, ont exprimé leur satisfaction quant à cette issue, soulignant que la décision était conforme aux preuves « accablantes » présentées durant le procès.
Milly, résidant près de Niort mais en visite en région parisienne, a été laissée par des amis dans une partie commune de la cité des Mordacs, à Champigny-sur-Marne. Elle a relaté aux enquêteurs avoir vécu « les pires heures de sa vie » lorsque huit hommes, pour la plupart masqués, l'ont agressée physiquement et sexuellement, pendant que d'autres assistaient sans intervenir.
Un récit douloureux
La victime a été frappée, menacée à l'aide d'une arme et a perdu connaissance durant l'agression. Après cet événement traumatisant, elle a mis plusieurs jours avant de se confier à sa mère et de porter plainte, un acte qui reste difficile pour de nombreuses victimes. D’après des études récentes, seulement 7 % des femmes victimes de violences sexuelles déposent effectivement une plainte.
Ce n'est que le 23 avril 2021 qu'elle a franchi le pas, et les enquêteurs ont pu se baser sur des traces ADN retrouvées sur les vêtements que Milly portait lors de l'agression. La police judiciaire a ainsi identifié quatre mineurs impliqués, bien que certains ADN soient restés inexploitables. Deux d'entre eux, âgés de 15 ans au moment des faits, ont été condamnés à dix ans d'emprisonnement.
Les deux autres suspects, âgés de 16 ans, comparaîtront plus tard devant la cour d'assises des mineurs, aux côtés d'un autre accusé adulte, également jugé pour des menaces de mort. Les avocats des jeunes condamnés n'ont pas souhaité faire de commentaires avant l'audience.
Depuis les faits, Milly a révélé au Monde, qui a exposé l'affaire à la fin de l'année 2024, avoir tenté de mettre fin à ses jours et souffre encore de conséquences graves, y compris un syndrome de stress post-traumatique. L’affaire a suscité une indignation générale et a mis en lumière la nécessité urgente de protéger les victimes de tels crimes.







