Lors d'un sommet à Anvers, plusieurs dirigeants européens ont convergé sur le constat d'une "urgence" de réformes pour empêcher l'Europe de sombrer dans le déclin et de devenir "une puissance indépendante". Emmanuel Macron a mis en garde, déclarant qu'"il est bientôt trop tard", en s'adressant à un public d'industriels. Il a souligné la nécessité d'agir pour que l'UE ne s'engage pas sur la voie de la "vassalité heureuse" face aux États-Unis ou à la Chine.
Selon Macron, l'UE doit être réformée pour devenir "une puissance indépendante", plaidant pour une simplification des réglementations et une diversification des partenariats commerciaux. Avec un ton alarmant, il a ajouté : "Nous finançons souvent des solutions non-européennes, ce qui est insensé!" Ces propos résonnent avec ceux d'Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, qui a insisté sur la nécessité d'éliminer les obstacles à la compétitivité.
Friedrich Merz, l'ex-ministre allemand, a aussi partagé un sentiment d'urgence, suggérant que l'Allemagne devait "déréguler tous les secteurs" pour renforcer sa position économique. Cependant, des divergences notables sont apparues quant aux solutions à adopter. L'idée de "préférence européenne", longtemps défendue par Paris en matière de défense, est perçue par d'autres pays comme une opportunité pour la France de promouvoir ses propres armements.
Une vision divergente
Merz a proposé d'opter pour un "Made with Europe" plutôt que le "Made in Europe", limitant ainsi l'application de la préférence européenne aux seuls secteurs stratégiques, une approche qui risque de déplaire aux Français. De son côté, Macron a relancé l'idée des "eurobonds", essentiels selon lui pour financer des investissements dans des domaines cruciaux tels que la défense et l'intelligence artificielle. Cette proposition, longtemps poussée par la France, a souvent été rejetée par l'Allemagne, créant une dynamique complexe au sein de l'UE.
Les tensions entre les deux leaders s'intensifient au moment où les opinions divergent sur la manière d'assurer la compétitivité européenne. Macron et von der Leyen ont tous deux indiqué qu'en l'absence d'accords entre les 27 États membres d'ici juin, certains pays pourraient choisir d'avancer seuls à travers des "coopérations renforcées".
Alors que le moteur franco-allemand peine à s'accorder sur des positions communes, des regards se tournent vers la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, avec qui Merz semble aujourd'hui s'approcher. Ces débats cruciaux détermineront non seulement l'avenir de l'UE mais aussi celui des relations entre ces grandes puissances.
Le contexte s'annonce particulièrement tendu dans les semaines à venir alors que ces questions essentielles se posent face aux enjeux économiques globaux. Les yeux de l'Europe et du monde entier restent rivés sur les prochaines décisions qui façonneront la direction de l'UE.







