Ce mercredi, l'Iran s'est engagé dans des funérailles solennelles pour Ali Larijani, son influent chef de la sécurité, victime d'une attaque meurtrière. Le général de l'armée iranienne a promis des vengeances qui pourraient avoir des retombées mondiales, intensifiant les tensions au Moyen-Orient.
Depuis le début de ce conflit qui secoue la région, le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a prédit un affrontement long et destructeur. Il a exprimé que "les conséquences de cette attaque se feront sentir partout, sans distinction d'origine ou de richesse" sur son compte X, en opposition à des déclarations antérieures de leaders comme Donald Trump, qui prévoient une fin rapide du conflit.
Le Conseil suprême de sécurité nationale a confirmé la mort de Larijani, un pilier du régime qui a récemment défié les bombardements en prenant part à une manifestation à Téhéran. Ses obsèques auront lieu à 10H30 GMT, selon les agences Fars et Tasnim.
Les funérailles se dérouleront simultanément avec celles de Gholamreza Soleimani, le chef de la force paramilitaire Bassidj, ainsi que d'autres militaires décédés dans des attaques contre la frégate irakienne abattue par les États-Unis. Cette série de pertes marque la continuité d'une liste tragique de dirigeants iraniens tués dans le cadre de cette guerre, qui a vu le guide suprême Ali Khamenei perdre la vie le 28 février.
- "Venger le sang" -
Experts tels que David Khalfa, cofondateur d'Atlantic Middle East Forum, estiment que le but de l'Israël est de déstabiliser l'architecture politico-sécuritaire en Iran. La stratégie pourrait favoriser un renversement des pouvoirs entre la société et le régime, ouvrant la voie à des incertitudes post-conflit.
Mercredi, des images des cercueils de Larijani et de son fils ont été diffusées, sa main identifiable par une bague, retrouvée parmi les décombres. Suite à sa mort, les Gardiens de la Révolution ont annoncé une série d'attaques, dont une a fait au moins deux morts près de Tel-Aviv, déclarant agir pour "venger le sang" de leurs dirigeants.
L'armée israélienne a, pour sa part, émis des menaces contre Mojtaba Khamenei, le successeur de son père, qui reste discret depuis l'attaque. Des sources américaines et israéliennes ont laissé entendre qu'il pourrait avoir été grièvement blessé.
- Bombardements à Beyrouth -
Israël intensifie aussi ses frappes au Liban, ciblant le Hezbollah. D'importantes explosions ont secoué le centre de Beyrouth, faisant au moins 12 morts et 41 blessés. Les frappes ont eu lieu près de zones densément peuplées, notamment près de la corniche du front de mer où des déplacés s'abritaient dans des voitures, selon des rapports d'AFP.
L'armée israélienne a aussi commencé à s'attaquer aux installations du Hezbollah dans la région de Tyr en réponse aux tirs d'obus visant Israël, entraînant une évacuation chaotique des habitants.
- Trump renonce -
Du côté des États-Unis, des frappes ciblant des sites iraniens près du détroit d'Ormuz ont été réalisées. Cependant, Trump a décidé de ne pas demander l'aide militaire de ses alliés pour sécuriser le détroit, arguant qu'il n'en avait jamais eu besoin.
Entre-temps, l'Iran continue de lancer des attaques contre des intérêts israéliens et américains dans la région. Des interceptions de drones et de missiles ont été annoncées par l'Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis, tandis qu'en Irak, des explosions continuent d'affecter des installations militaires américaines.







