Les récentes analyses des eaux usées en Europe révèlent un tableau préoccupant. Une étude publiée le 18 mars 2025 par l’Agence de l’Union Européenne sur les drogues (EUDA) montre une forte hausse des résidus de cocaïne et de kétamine, indiquant une consommation en nette progression.
Cette recherche, menée en partenariat avec le réseau de chercheurs Score, couvre 115 villes dans 25 pays, incluant 23 pays de l’Union Européenne, ainsi que la Norvège et la Turquie. Les résultats mettent en lumière une augmentation générale de la présence de drogues dans les eaux usées, avec un constat alarmant pour la santé publique.
Le Dr Lorraine Nolan, directrice de l’EUDA, souligne que les analyses réalisées « reflètent un phénomène de consommation de drogues à la fois généralisé, varié et en constante évolution ». Les chercheurs ont passé au crible 72 millions d’échantillons pour y détecter les traces de différentes substances, notamment la kétamine, la cocaïne, la MDMA, la méthamphétamine, l’amphétamine, et le cannabis. Les résultats montrent une augmentation inquiétante de près de 41 % des résidus de kétamine et de 22 % pour ceux de cocaïne entre 2024 et 2025.
Une baisse de 16 % des traces de MDMA
Malgré cette hausse marquée, il existe des signes encourageants dans le paysage des drogues en Europe. Les traces de MDMA, par exemple, ont diminué de 16 % dans la majorité des villes étudiées, avec des baisses notables observées en Allemagne, en Autriche et en Slovénie. Les auteurs de l’étude précisent que cette baisse est « plus significative que celle enregistrée en 2020, lorsque de nombreuses villes avaient signalé des diminutions liées aux confinements imposed par la Covid-19 ».
Ainsi, bien que la consommation de certaines drogues augmente, d’autres substances comme la MDMA montrent des signes de recul. Ces paradoxes soulignent la complexité de la problématique des drogues en Europe aujourd’hui, une réalité que les gouvernements doivent prendre en compte dans l’élaboration de leurs politiques de santé publique. Des experts comme Jean-Pierre Goullé appellent notamment à une réflexion approfondie sur les approches de dépénalisation, soutenant que cela pourrait être une erreur et une faute.







