Ces derniers jours, il est devenu particulièrement difficile d'obtenir des images des frappes de drones et de missiles en provenance de Dubaï ou du Qatar. Le 18 mars, un total de 13 missiles et 27 drones ont été interceptés aux Émirats arabes unis. À ce jour, seules trois vidéos ont émergé, échappant ainsi aux radars de la surveillance des autorités. Les créateurs de ces contenus font face à des accusations graves, et parmi les 60 personnes actuellement placées en garde à vue, se trouvent au moins trois Français, accusés d'avoir mis en péril la sécurité nationale en filmant les attaques iraniennes.
Dubaï, célèbre pour son image impeccable, impose un contrôle strict sur les influenceurs, à tel point qu'une célèbre personnalité française, Maeva Ghennam, a été rapidement convoquée par la police après avoir exprimé sa peur à travers une vidéo. Elle a déclaré : "Je n'ai rien dit de mal, j'ai eu peur. J'ai eu très, très peur".
Les influenceurs s'interrogent sur les limites de leur liberté d'expression. Une jeune femme partage son incertitude : "J'avoue que je ne sais pas trop ce que j'ai le droit de dire, pas le droit de dire", tandis qu'une autre affirme : "On n'a pas le droit de montrer ce qui se passe, en tout cas ce qui va tomber du ciel". La propagation de contenus jugés alarmants peut engendrer des sanctions sévères, comme l'explique Me Romain Astruc, avocat à Dubaï : "Tout débris ou image de dommages est prohibé. On peut filmer uniquement des scènes innocentes, comme des enfants dans un parc ou des paysages naturels. C'est une loi censée protéger".
Un journaliste arrêté plusieurs heures pour des photos
Les autorités émiriennes justifient ces restrictions par des considérations de sécurité, craignant que des informations sensibles ne tombent entre les mains de l'Iran. Cela inclut également des journalistes, comme notre équipe à Doha. Au Qatar, notre liberté de filmer est très limitée, restreinte à quelques lieux choisis, et il est formellement interdit de couvrir des sites sensibles ou gouvernementaux.
Le photojournaliste “Odieux Boby” témoigne d’une réalité inexorable : "Chaque fois qu’une personne tentait de capturer une image, les forces de police intervenaient immédiatement pour faire supprimer les contenus. Le Qatar cherche à préserver une image de carte postale, et y investit massivement".
En fin de journée, le ministère des Affaires étrangères français a déclaré que les dossiers des Français concernés sont suivis par le Consulat général de France à Dubaï, qui leur assure une protection consulaire appropriée.







