La Méditerranée est en émoi alors que plusieurs pays européens, dont la France et l’Italie, tirent la sonnette d'alarme concernant l'Arctic-Metagaz, un méthanier russe en détresse. Endommagé lors d'une frappe de drone le 3 mars, ce navire, transportant 60 000 tonnes de gaz liquéfié et 900 tonnes de diesel, risque de provoquer une pollution catastrophique.
Qualifié de "bombe à retardement", l’Arctic-Metagaz dérive actuellement à 50 kilomètres de l'île de Linosa, au large de Malte, après avoir été frappe par un drone. Dans un courrier révélé par Reuters, neuf pays, dont la France, ont exprimé leurs préoccupations auprès de la Commission européenne. Les experts estiment que "l'état précaire du navire, combiné à sa cargaison, représente un risque immédiat de catastrophe écologique dans les eaux européennes".
Malgré le fait que le navire n'ait pas coulé, des images aériennes montrent des dommages majeurs sur sa coque. "Nous faisons face à un danger environnemental énorme. Ce navire, abandonné, est inaccessible, et il peut exploser à tout moment", a déclaré Alfredo Mantovano, secrétaire d’Etat italien, lors d'une interview à Radio 24. Ce risque est accru par la présence de gaz maintenu à des températures extrêmes et de grandes quantités de diesel, comme l'alerte l’ONG WWF, qui avertit que des fuites de GNL pourraient entraîner des nuages toxiques menaçant la faune marine ainsi qu'une pollution durable des milieux naturels.
Un risque d'explosion
Les associations de protection de l’environnement suivent de près la situation, craignant des conséquences désastreuses pour les écosystèmes des îles Pélages. Une fuite pourrait entraîner non seulement une explosion, mais également un incendie majeur à cause du carburant à proximité. "Nous sommes prêts à agir rapidement si Malte ou l'Europe en font la demande", a ajouté Mantovano, en précisant la coopération en temps réel avec les autorités maltaises.
L’Arctic-Metagaz fait l’objet de sanctions internationales depuis le début de la guerre en Ukraine, principalement à cause de son rôle dans le contournement des restrictions sur le trafic d’hydrocarbures. Alors que les conventions internationales désignent généralement le propriétaire du navire comme responsable en cas de pollution, la Russie réfute cette responsabilité, affirmant que les pays côtiers doivent gérer la situation. La porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe, Maria Zakharova, a commenté que "la responsabilité revient aux pays riverains pour prévenir une catastrophe".
Complètement acculée, la Russie accuse l’Ukraine d’avoir orchestré la frappe ayant endommagé le méthanier. Bien que l’Ukraine cible régulièrement les infrastructures Russes, elle n’a pas revendiqué cette attaque précise. Le transport maritime de GNL, introduit dans les années 1960, n’avait jusqu’à présent pas enregistré d’incidents majeurs, comme le rappelle Le Monde.







