Israël a ciblé mercredi le plus grand gisement de gaz d'Iran, South Pars, déclenchant des attaques iraniennes sur les infrastructures énergétiques des pays du Golfe. Ce nouveau tournant signale une guerre axée sur l'énergie, qui menace non seulement la stabilité du Moyen-Orient mais aussi l'économie mondiale.
Qu'est-ce que South Pars ?
Le 18 mars, Israël a jeté son dévolu sur South Pars, la plus vaste réserve de gaz naturel au monde, située dans le golfe Persique. Exploité depuis 2002, ce gisement s'étend sur 9 700 km² et se trouve à environ 100 kilomètres des côtes iraniennes. Il est à la fois sous contrôle iranien et qatari, où il est désigné comme "North Field".
D'après des sources fiables telles que le New York Times, des dégâts significatifs ont été observés sur ce gisement, représentant près de 12 % de la production gazière de l'Iran. Les frappes ont touché des gazoducs et des installations de traitement à Assaluyeh, déjà victimes d'attaques en juin 2025 pendant un précédent conflit.
L'Iran, qui se classe au deuxième rang mondial en réserves de gaz, voit une grande partie de sa consommation énergétique dépendre de ce gisement. Pourtant, la population souffre régulièrement de pénuries d'électricité à cause d'infrastructures obsolètes.
Conséquences sur les exportations iraniennes
Les répercussions ne s'arrêtent pas là. L'Iran exporte son gaz vers plusieurs pays, dont le Pakistan, l'Inde et l'Irak. Suite aux frappes, les exportations vers l'Irak ont été complètement suspendues, privant le réseau électrique irakien de 3 100 mégawatts, comme l'a affirmé le ministère irakien de l'Électricité. Ahmad Moussa, son porte-parole, a insisté sur les difficultés que cela engendre.
Les Gardes révolutionnaires iraniens ont averti que de nouvelles attaques contre les infrastructures énergétiques des monarchies du Golfe pourraient survenir si le statu quo perdure.
La réponse de l'Iran
Les répliques iraniennes ont été immédiates. Le Qatar a annoncé des "dommages considérables" sur son complexe gazier de Ras Laffan à la suite d'attaques de missiles. Des incidents similaires ont été rapportés à Abou Dhabi et au Koweït, mettant en lumière la vulnérabilité des infrastructures énergétiques dans la région.
Répercussions sur l'Europe
Les effets sont palpables sur le marché mondial de l'énergie. Le prix du gaz européen a grimpé de 35 % suite aux attaques, provoquant des inquiétudes au sein de l'UE. Dan Jorgensen, commissaire européen à l'énergie, a déjà évoqué une crise des prix en cours.
Le président français Emmanuel Macron a appelé à la désescalade sur les réseaux sociaux, plaidant pour un moratoire sur les frappes visant les infrastructures civiles. Bien que la France ne dépende pas directement des importations iraniennes, une montée des prix du gaz pourrait affecter divers secteurs industriels, comme l'a souligné l'économiste Stéphanie Villers dans son analyse pour PwC France.







