La Première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, a présenté mercredi un projet de loi visant à restreindre l'accès à l'aide médicale à mourir (AMM) aux seules personnes dont la mort est jugée « raisonnablement prévisible ». Cette évolution suscite des débats au moment où le gouvernement fédéral canadien envisage d'élargir cette procédure aux individus souffrant de troubles mentaux d'ici 2027.
Selon le projet législatif, seuls les patients dont « le décès naturel a été jugé raisonnablement prévisible par un médecin ou une infirmière praticienne » pourront bénéficier de l'AMM. Si cette loi est adoptée, elle interdirait l'euthanasie aux personnes souffrant uniquement de troubles mentaux, et exigerait qu'un proche soit présent durant la procédure.
L'AMM est légale au Canada depuis 2016 pour les patients en fin de vie. En 2021, la loi a été élargie aux personnes atteintes de maladies graves et incurables, même lorsque la mort n'est pas imminente. Ce changement de législation en Alberta fait écho aux réflexions en cours en France et au Royaume-Uni sur ce sujet délicat.
Une commission parlementaire doit se prononcer sur l'opportunité d'élargir l'AMM aux personnes dont le seul problème médical est un trouble mental d'ici 2027. Le chef de l'opposition canadienne, Pierre Poilievre, a exprimé son soutien à Danielle Smith lors du podcast de Joe Rogan, ce qui souligne la division entre les partis sur cette question.
Un débat mondial sous surveillance
Le leader conservateur a également souligné ses préoccupations face à l'opportunité de proposer l'AMM à des enfants ou aux patients uniquement atteints de maladies mentales. « Cela me préoccupe vivement », a-t-il déclaré. Inclusion Canada, une organisation qui défend les droits des personnes handicapées, a soutenu l'initiative albertine, appelant Ottawa à limiter l'accès à l'AMM aux personnes en fin de vie uniquement.
Le Canada joue un rôle crucial dans le débat mondial sur l'euthanasie, un Canadien sur vingt ayant eu recours à cette procédure en 2023. Certains experts mettent en garde contre un possible usage abusif de l'AMM, critiquant son utilisation comme une solution thérapeutique au lieu d'une décision de fin de vie responsable.







