Des pompiers s'efforcent de maîtriser un incendie ravageur dans une grande raffinerie au Koweït après des frappes non revendiquées attribuées à l'Iran. Ce contexte militarisé a plongé les festivités du nouvel an persan dans une morosité palpable.
Le conflit, qui perdure depuis trois semaines, n'indique aucun signe d'apaisement et impacte déjà l'économie mondiale, suscitant des inquiétudes quant à une crise économique d'ampleur. L'incendie survenu à la raffinerie de Mina Al-Ahmadi, qui avait déjà subi des dommages, a conduit à la suspension de plusieurs de ses opérations, a rapporté l'agence officielle koweïtienne.
Les Émirats arabes unis ont également signalé des attaques par missiles et drones, tandis que Bahreïn a connu un incendie dans un entrepôt. En Arabie saoudite, plus d'une douzaine de drones auraient été interceptés et détruits au cours d'une opération en deux heures, d'après les autorités militaires.
De son côté, l'armée israélienne a annoncé avoir mené des frappes dans la région de Nour, située près de la mer Caspienne au nord de Téhéran, tandis qu'au moins 16 cargos auraient été complètement détruits dans les ports iraniens selon l'agence Tasnim.
- Une atmosphère lourde sur les célébrations -
Cette guerre assombrit l'esprit festif qui devrait entourer le nouvel an persan, Norouz, ainsi que la fin du jeûne musulman, ou Aïd el-Fitr, qui coïncide cette année avec le vendredi en Arabie et samedi en Iran. À Téhéran, des bannières célébrant Norouz ont été affichées dans certaines rues, remplaçant des portraits de l'ancien dirigeant Ali Khamenei, tué le 28 février.
Une affiche représente une famille réunie autour d'une table festive, proclamant « La victoire de Norouz », affichage qui contraste avec le climat oppressant qui règne dans la capitale.
Hoda, une résidente de Saveh, a exprimé sa volonté de célébrer en famille, tout en restant incertaine face à l'avenir : « Nous ne savons pas ce qui va se passer, mais la vie continue », a-t-elle affirmé avec un fatalisme perceptible.
À Jérusalem-Est, les accès à la mosquée Al-Aqsa demeurent fermés, illustrant une atmosphère de tension palpable. Wajdi, un habitant, évoque un mois de Ramadan « triste et douloureux », soulignant les souffrances des Palestiniens.
- L'Iran persiste dans sa production d'armements -
Les experts s'interrogent sur la durée de la guerre, Benjamin Netanyahu affirmant qu'elle pourrait se conclure plus rapidement que prévu. Il a également déclaré que l'Iran était en voie d'être décimé, soulignant le manque de capacités nucléaires et balistiques de Téhéran, affirmant que l'opération militaire israélo-américaine vise des objectifs fixés avant le déclenchement des frappes.
Le pouvoir iranien, malgré les pertes, a réagi comme à son habitude. « Notre industrie balistique mérite une note parfaite. Même en temps de guerre, nous continuons à fabriquer des missiles », a déclaré un responsable des Gardiens de la Révolution.
Se tenant fermement à sa rhétorique, l'Iran continue d'intensifier ses attaques contre les intérêts militaires et énergétiques des États-Unis dans la région, indépendamment des appels à une trêve de la part des Européens lors d'un récent sommet. Robert Pape, expert militaire à l'Université de Chicago, met en garde : « Une guerre régionale pourrait rapidement se transformer en une crise économique mondiale historique ».
Le Qatar a déjà enregistré une baisse de 17 % de sa capacité d'exportation de GNL suite aux récentes frappes, signalant un impact direct sur les marchés énergétiques.
- Une collaboration internationale en perspective -
Les pays européens, dont la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne, ont exprimé leur volonté d'apporter leur aide pour sécuriser la navigation dans le détroit d'Ormuz, bien que pour Paris et ses alliés, une telle coopération ne serait envisageable qu'après un cessez-le-feu. Emmanuel Macron a évoqué la nécessité d'agir sous un cadre onusien.
Pour atténuer les tensions sur le marché pétrolier, les membres de l'Agence internationale de l'énergie ont commencé à libérer des réserves de pétrole, annonçant la mise à disposition de 426 millions de barils. Cependant, malgré une légère accalmie, les prix de l'énergie ont de nouveau connu une hausse ce vendredi, avec des marchés mondiaux à l'affût de la situation.







