L'islamologue suisse Tariq Ramadan a été reconnu coupable hier par la cour criminelle de Paris, qui l'a jugé par défaut, d'avoir commis des viols sur trois femmes entre 2009 et 2016. Cette condamnation, d'une durée de 18 ans, se base sur des accusations sérieuses, que Ramadan conteste fermement.
La cour l'a accusé de viol, ainsi que de viol sur personne vulnérable. En complément de sa peine, il fera l'objet d'un suivi judiciaire de huit ans, lui interdisant de s'approcher de ses victimes et de diffuser toute œuvre liée à cette affaire.
Ramadan, qui a déjà purgé une peine en Suisse pour le viol d'une femme, a été jugé à Paris à partir du 2 mars pour des actes qu'il nie. Les faits en question incluent un viol aggravé sur "Christelle" à Lyon en octobre 2009, un autre en 2012 à Paris sur Henda Ayari, militante laïque ayant porté plainte en octobre 2017 pour initier l'affaire, et un troisième événement sur une autre victime en 2016.
Il est à noter qu'il ne s'est pas présenté à son procès, invoquant une hospitalisation pour des complications liées à sa sclérose en plaques, selon ses avocats. Cependant, une expertise médicale a conclu qu'il était apte à comparaître. La présidente de la cour, Corinne Goetzmann, a ainsi décidé de poursuivre le procès sans lui, allant même jusqu'à émettre un mandat d'arrêt à son encontre.
Cette décision suscite de vives réactions dans le milieu judiciaire et parmi les observateurs. Pour l'avocate Caroline Michel, spécialiste des droits des femmes, "ce procès en huis clos demeure une problématique dans une affaire aussi médiatisée, mais la justice a ses raisons". Les opinions divergent cependant, certains s'inquiétant d'un procès perçu comme une atteinte à la présomption d'innocence.
La complexité de ce dossier et la notoriété de l'accusé ajoutent une dimension troublante à cette affaire, qui continuera sans aucun doute à alimenter les débats.







